MANGA
Fruits Basket, le retour

2018 est décidemment l’année des revivals en termes de manga. Après Card Captor Sakura, c’est au tour de Fruits Basket de revenir en force. Mais si la fin du premier arc de Sakura laissait la porte ouverte à une potentielle suite de l’histoire (Sakura et Shaolan allaient-ils finir ensemble ? Tomoyo allait-elle prendre son courage à deux mains et révéler ses sentiments à sa meilleure amie ? Et Toya et Yukito alors ?), ce n’était pas forcément le cas de Fruits Basket. L’auteur, Natsuki Takaya, avait conclu son histoire de la plus belle des façons avec le 23e volume, et personne (moi le premier) n’attendait une suite. Et pourtant …

Une histoire de malédiction

Fruit Basket raconte l’histoire de Tohru, jeune fille orpheline, qui suite à un malencontreux accident se retrouve hébergée par trois membres de la famille Soma : Yuki (souris), Kyo (chat) et Shiguré (chien). Les Soma cachent un terrible et lourd secret : treize de leurs membres sont maudits par les 12 animaux du zodiaque chinois (sanglier, bœuf, dragon, coq …) en plus du chat, le 13e membre. Leur transformation se déclenche dès qu’une personne du sexe opposé au leur se jette à leur cou. Si la durée de cette métamorphose est variable, leur retour sous forme humaine est quelque peu unique. Ils réapparaissent complètement nus ce qui provoque des scènes assez drôles (surtout lorsque Tohru est impliquée). La jeune fille va donc se fixer comme objectif de libérer les Soma de leur malédiction.

Un shojo magique

Shojo typique du genre, les détracteurs de Fruits Basket peuvent trouver Tohru trop naïve, presque simplette. Je la trouve au contraire bien courageuse, au vu des épreuves qu’elle a traversées. Son courage n’a d’égal que sa bienveillance et sa gentillesse et, au fil des épisodes, certains des Soma se reposeront petit à petit sur eux, la traitant comme une mère dont les bras représentent un véritable sanctuaire au sein duquel il leur est enfin permis d’être eux-mêmes. D’être humain. D’être parfois découragé, attristé, d’avoir peur de l’avenir. Recueilli par les Soma, Tohru souhaite simplement rendre au centuple ce qu’elle a reçu : un toit au-dessus de sa tête, et un peu d’attention.

Fruits Basket Another

Histoire d’amitié, d’amour et de malédiction mêlées, Fruits Basket vous prend aux tripes, et ne vous lâche pas tant que le tribut de larmes n’a pas été payé. Alors pourquoi une suite ? La conclusion, merveilleuse, n’offrait pas de possible continuité. Et pourtant. Réticent au premier abord, j’ai vite été conquis à mesure que les pages se tournaient. Si on retrouve la même dynamique du trio Tohru-Kyo-Yuki avec ces nouveaux personnages Mitoma-Mutsuki-Hajime, mais c’est à peu près la seule ressemblance. Si on retrouve quelques traits familiers des anciens Soma avec ces nouveaux, leur caractère et leurs relations familiales sont bien différentes. Ils semblent plus détendus, plus à l’aise, comme si la malédiction levée quelques années plus tôt leur avait permis de retrouver leur humanité perdue. Cependant, une telle histoire n’aurait aucun intérêt. Natsuki Takaya nous réserve encore bien des mystères, que j’ai hâte de découvrir dans le deuxième volume de Fruits Basket Another.

Mathieu Guitonneau

Libraire spécialisé

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