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Coups de coeur des libraires

Cher lecteurs,

Cette semaine s’est offert à moi un véritable choix cornélien. Que vous conseiller ? De quoi vous parler ? Il y a tellement de titres qui m’ont plu .. alors plutôt que choisir et devoir en éliminer certains, j’ai préféré vous les exposer ici.

Une pièce-montée de titres X-Men

Fait assez rare pour être souligné, cette semaine marquait la sortie de trois titres X qui tous m’ont ravi. Pour commencer, Cullen Bunn a fait ses adieux aux mutants avec le dernier numéro de X-Men Blue (Bunn et To). L’équipe des O5 vient terminer tout ce qu’elle avait commencé, tous les combats menés depuis presque un an et demi avant de quitter cette époque et ainsi rétablir le continum espace-temps. Fonctionnant en diptyque avec le numéro précédant, certaines réactions pourraient surprendre de la part de tel ou tel personnage. En revanche, amoureux du retour à la normal, on ne peut que saluer la façon dont Bunn balaye d’un revers de main les tentatives des auteurs précédents (Bendis et Lemire) de séparer LE couple mythique que sont Jean et Scott.

Les O5 sont également au cœur d’Extermination #3 (Brisson et Laraz), dernier chant du cygne de l’équipe d’origine. Et quelle symphonie. Si le but d’un certain personnage reste clair, ses motivations le sont beaucoup moins. Ajoutez à cela l’intervention d’Ahab, et c’est un florilège de questions qui se font jour dans mon esprit. Heureusement les dessins fabuleux de Larraz (je ne me suis toujours pas remis de sa Jean Grey dans le premier Extermination) viennent lisser tout cela, et nous permet de profiter de la lecture sans une trop grande prise de tête.

Une pièce-montée de titres X-Men

Je finirai avec le dernier né des color-themed séries mutantes, à savoir X-Men Red … mon chouchou par Tom Taylor et Carmen Carnero réussit toujours son coup. Entre les dessins splendides de Carnero (sa Jean Grey, plus chef d’équipe, fait moins apparition éthérée, déesse que celle de Larraz par exemple) et l’histoire absolument folle que nous propose chaque mois Tom Taylor, comment ne pas retomber amoureux des X-Men ? La lutte contre Cassandra Nova s’intensifie, et cet épisode met Trinary, création de Taylor, au centre de l’action. Véritable page-turner, comment ne pas se prendre au jeu, et espérer le meilleur pour les X-Men et la défaite de Cassandra ? Mais la dernière page va en surprendre plus d’un, et ce cliffhanger nous fera regretter de ne pas avoir le numéro suivant déjà entre les mains.

Un glaçage servi par Geoff Johns

Enfin! Il est là. Le septième numéro de Doomsday Clock est sorti … et on peut dire que Johns sait ménager le suspens. Mais comment vous parler de cet épisode crucial, sans vous révéler les nœuds de l’intrigue ? Comment ne pas vous spoiler avec un paragraphe si court destiné à résumer l’épisode ? Si vous avez la moindre suggestion, n’hésitez pas (tel un être omnipotent je pourrais faire des modifications), en attendant je ne peux que vous encourager à vous précipiter sur ce titre.

La touche finale par Tom King et Clay Mann

Tom King. Clay Mann. L’un de mes auteurs favoris avec l’un de mes dessinateurs préférés. Que demande le peuple ? Qu’ils s’associent ? C’était déjà chose faite sur Batman, et les revoici sur Heroes in Crisis. Je vous l’ai présentée longuement – la genèse du projet, en tout cas – et elle est enfin là. La nouvelle crise qui va secouer les héros de la Distinguée Concurrence. Et on peut dire que pour un numéro d’introduction, Tom King ne fait pas dans la dentelle. Alternant entre scènes d’interview (une page découpée en gaufrier sur laquelle parle l’un des pensionnaires de Sanctuary) et scènes d’action, entre passé et présent, Tom King se plaît à provoquer chez ses lecteurs des hoquets de surprise ou d’indignation à mesure que les pages se tournent. Sa façon de faire n’est pas sans rappeler celle de Johns sur Doomsday Clock, mais avec son style bien à lui que l’on adore déjà sur Batman et Mister Miracle. Le spécialiste des héros psychologiquement traumatisés envoie du lourd (excusez l’expression, mais comment être insensible à l’écriture de King?) avec ce premier épisode qui est le tombeau de tant de personnages qu’on a du mal à y croire.

Pour cette dernière semaine de Septembre je me permets de vous recommander trois titres, aussi différents les un que les autres.

Stranger Things #1 - Jody Houser et Stefano Martino

Pour commencer je suis obligé de vous parler du premier numéro de Stranger Things par Jody Houser et Stefano Martino. Grand fan de la série, je ne peux que vous recommander la lecture de ce premier numéro. Si vous vous interrogiez sur les premiers jours de Will dans l’Upside Down ce bouquin est pour vous. Une approche sensible du dessinateur qui offre une nouvelle vision de l’univers cauchemardesque se cachant derrière les murs de notre réalité. Stranger Things #1 est un comic agréable à lire et une incursion supplémentaire dans le génial univers de la série.

Heroes in Crisis #1 - Tom King et Clay Mann

Chez DC Comics un nouveau monument a été érigé : Heroes In Crisis par Tom King et Clay Mann. Une folie malsaine et magnifique règne dans cette œuvre dérangée. Le principe d’un lieu de soin  pour les super-héros est une idée géniale. Ce besoin d’être secouru, d’être écouté et soigné rend un être extraordinaire… et bien ordinaire, plus humains si je puis me permettre. Ces être surnaturels deviennent presque réels aux yeux des lecteurs, une partie de leur divinité s’échappe. Mais évidemment rien ne dure et même dans ce lieu d’entraide, la violence est présente. Les héros ayant perdu leur statut divin sont fragiles et facilement destructibles. La trinité aurait-elle signé la ruine de nos protecteurs ? Clay Mann est un artiste incroyable : certaines des cases sont magnifiques, opposées aux plans rapprochés, presque claustrophobes des héros se confiant aux aides de Sanctuary, elles apportent une ouverture, une bouffées d’air frais que le dessinateur parsème de sang. Heroes in Crisis représente-il la fin des héros ? C’est en tout cas une crise qui commence bien.

Fearscape #1 - Ryan O'Sullivan et Andrea Mutti

Parlons maintenant de Fearscape #1, chez Vault Comics. Ryan O’Sullivan et Andrea Mutti offrent une œuvre tout aussi étrange qu’intéressante. Les interrogations d’un auteur raté doublé d’une personnalité ignoble avec un soupçon de mythologie, surnaturel et horreur. Intéressante mixture n’est-ce pas ? Mutti se dépasse dans ce premier numéro avec un dessin incroyable qui s’adapte à chaque situation, qu’elle appartienne à notre réalité ou une autre. Le personnage principal est une ordure, en crise identitaire certes, mais une ordure tout de même. O’Sullivan, jeune auteur, ne commence pas sa carrière par le chemin le plus facile, il s’adresse directement aux lecteurs, se confondant avec le personnage principal, l’auteur raté. Une touche autobiographique, un exercice de style ? Qu’importe cela marche et apporte une véritable fraicheur dans le monde du comics. Sommes nous face aux délires d’un être en perdition, face à la véritable folie et ignominie de l’auteur ? Où sommes nous véritablement ?  Je ne sais pas… Cette œuvre est explosive, nouvelle, intrigante, complètement horrible et dérangeante, belle, fantastique, aux ambitions littéraires… Résumons la par incroyablement géniale !

 

Mathieu Guitonneau et Aurélien Banabéra

Libraires spécialisés Album comics

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