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Arleston & Vatine en dédicace exclusive
avant Angoulême
Vendredi 22 janvier 2010 au 84 boulevard Saint Germain 75005 Paris
Avec ex-libris Cixi inédit.
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Tournée de dédicaces Comics exclusives !
Du 1er au 5 février 2010, découvrez Guiseppe Camuncoli, Gabriele Dell'otto et Roland Boschi en séance de dédicace à Album Comics, Album Toulouse et Album Bordeaux !
Modalités en librairies.
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Le tirage de luxe de
BOULE & BILL
Couverture inédite, ex-libris, carnet de croquis.
Très bientôt dans les librairies Album ! |
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Le tirage de luxe de
XIII Mystery !
Couverture inédite, ex-libris, carnet de croquis. |
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Découvrez la toute dernière VARIANT COVER Album !
Marvel Heroes #26
Par Marko Djurdjevik !
Tirage limité à 2 000 exemplaires ! |

Par Angèle Villeneuve, libraire Album
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Alpha… directions
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Quelle folle ambition que le projet de Jens Harder, l’auteur de Leviathan. Avec Alpha… directions, aux éditions Actes Sud - L’AN 2, ce dessinateur allemand nous éclaire sur nos origines, en remontant aussi loin que la naissance même de l’univers. Un ouvrage ambitieux d’une envergure sans égal.
Tout commence il y des milliards d’années… Un simple point sur une feuille blanche. Une particule infime au cœur du néant. Le point grossit tel un bourgeon qui éclot et donne naissance à la matière qui explose. Voici le Big Bang dans toute sa splendeur ! Une fois l’univers ébauché, « la multiplication des mondes se poursuit à l’infini en un formidable effet domino ».
C’est ainsi que naquirent ces 350 pages où défile un flot d’images pointues, entre descriptif et imaginaire. Fortement inspiré du dessin naturaliste, le livre se compose de planches en bichromie, changeante au gré des chapitres, des époques. À la manière d’une voix off dans un reportage animalier, un commentaire discret sert de fil conducteur ; il fait écho au silence presque sacré dont la bd est sujette et nous aide à maintenir le cap dans ce tourbillon vertigineux que compose l’ensemble des vignettes cognitives. « Car l’auteur en plus d’illustrer les théories scientifiques sur la création de l’univers ou l’histoire de la vie sur Terre, apporte une myriade de clins d’œil en ajoutant d’autres images issues de la culture humaine : représentations cosmogoniques des mythologies, œuvres d’artistes divers. C’est la véritable clé de voûte du livre. Au croisement du scientifique, de l’artistique et de l’insolite, Alpha… directions prend le meilleur des trois mondes : l’ouvrage tient à la fois du récit didactique, du beau livre et du cabinet de curiosités ». Merveilleux et instructif, à vous couper le souffle.
Avec une grâce incomparable, l’auteur fait preuve de virtuosité tant par la démesure du projet, que par la qualité de l’exécution. Prévu en trois volumes distincts avec Alpha… directions, (nos origines), Béta… civilisations, (notre règne), et Gamma… visions, (notre devenir), Harder définit son projet comme « une sorte de Bible en images comme on les éditait jadis pour les analphabètes, mais qui s’adresse à des gens qui savent lire, sans aucune contrainte confessionnelle, sur une base scientifique ». Le travail s’annonce rude mais passionnant. Un défi gargantuesque dont l’audace risque de marquer l’histoire de la bande dessinée.
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Hector Umbra
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
2003 sonne l'arrivée fracassante du premier chapitre d'Hector Umbra par Uli Oesterle, aux éditions Akiléos. Voilà qu'après six années de silence total, notre héros nous raconte dans un récit complet, son incroyable odyssée.
Souvenez vous. Hector Umbra part à la recherche de son ami Osaka mystérieusement disparu. Issu du milieu de la nuit et des technos party, notre héros prospecte au cœur de l'underground Munichois au cours duquel se multiplient les rencontres et avec elles l’invraisemblable. Les flashbacks auxquels il doit faire face éclairent son enfance par fragments, tandis que des visions hallucinantes le confrontent aux images de cauchemar qu’il couche sur ses toiles. Peu à peu ces sortes de « rêves éveillés » lui révèlent une vaste conspiration menée par une organisation souterraine obscure : dans les bas-fonds de la ville existerait un peuple de Morlocks, des cannibales psychiques cherchant à exercer leur emprise sur le monde d’en haut… C’est ainsi qu’Hector franchit les limites du visible, en plongeant dans les abysses que représentent la folie et la mort.
Ce peintre accro à la clope traînait, il y’a quelque temps à peine, avec ses compagnons de beuveries et le voici aujourd’hui, tel un spectre ambulant, à la recherche de la vérité ou d’une chimère ?
Servie par un dessin qui fait preuve d’originalité tout en s’inscrivant dans la veine des comics américains, l’ambiance est délurée, parfois psychédélique. Avec un scénario en constant mouvement, les personnages se mettent en place dans une réalité confuse, qui pétrifie et fascine. Hypnotique et inquiétant, l’histoire nous happe jusqu’à la dernière page, sur les sentiers du paranormal.
Déjà remarqué et nominé pour « le prix du meilleur premier album » au festival international de la BD à Angoulême en 2004, Hector Umbra revient sur les devants de la scène, cette fois ci achevé et révélé. L’auteur nous fait l'honneur d'aboutir une aventure fantastique des plus originales, saluée par la sélection officielle de cette année 2010. Laissez vous engloutir par ce tourbillon « ovniesque » !
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La saison des flèches
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Samuel Stento et Guillaume Trouillard fondateurs des éditions La Cerise, nous offrent un magnifique ouvrage intitulé La saison des flèches. Déjà primé en Espagne, cette bande dessinée fait partie de la sélection officielle du festival international de la BD à Angoulême. Une histoire débordante d’imagination qui ne manque pas d’audace.
Dans cette histoire les indiens sont en boite ! Nous les savions parqués dans des réserves tels des animaux en cages mais pris au piège dans des conserves, ça qui l’aurait cru ? L’idée étrange vient d’un homme du nom de Irvin Mc Mulligan’s. C’est lui qui en 1879, décide de les mettre en boîte pour éviter un surplus d’indiens au cœur du territoire américain. Il semble qu’avec le temps, cette exploitation les a préservé d’une extinction certaine.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, en Charente, un couple de blanc se lance dans l’aventure Mc Mulligan’s et reçoit par colis la fameuse invention. Quand ils l’ouvrent, toute une famille en sort avec le père, la mère et leur grand garçon qu’ils nommeront respectivement Gérald, Marie Paule et Sylvain. Quelle curieuse expérience que cette éclosion. Pareil à des enfants, les retraités tentent de les apprivoiser et installent le groupe dans une chambre qui se transforme très vite en terrain de jeu et de découvertes où tipi, pirogues et bisons apparaissent au gré des besoins. Au fil des pages c’est bientôt l’appartement tout entier qui devient sujet aux fantasmes les plus fous.
Sous forme de journal de bord, le mari nous fait part de son expérience avec une simplicité déconcertante. Ajoutez à cela des schémas explicatifs, des publicités détournées et des mises en abymes multiples, on obtient un ouvrage peu ordinaire où les auteurs arrivent, avec originalité et classe, à rendre crédible un évènement des plus bizarres. Un récit doucement absurde, souligné par une mise en couleur exquise.
Initiée par Samuel Stento, écrite à quatre mains et mise en images par Guillaume Trouillard, cet ouvrage est étonnant car quand l’impossible devient possible, tout est permis. Ce western d’intérieur est aussi une fable actuelle (qui traite du capitalisme, de la différence culturelle et de l’environnement sans jamais devenir moralisatrice). Le dépaysement est assuré !
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L’esprit perdu
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Publié une première fois en trois tomes sous le titre Messire Guillaume, redécouvrez l’intégrale aux éditions Dupuis, nommé L’esprit perdu et signé Gwen De Bonneval et Matthieu Bonhomme. Une nouvelle édition, une nouvelle présentation pour un nouveau regard sur la quête initiatique de Messire Guillaume, orphelin inconsolable.
Sous forme d’un épais roman, ce conte médiéval teinté de fantastique et de psychanalyse, relate le voyage aventureux qu'un adolescent entreprend pour accepter de faire le deuil de son père. Accompagné du fidèle chevalier de Brabançon, sa quête se révèle périlleuse, fabuleuse et le mène aux confins de l’étrange. Un périple où le désir de libérer l’âme du défunt, lui permettra d’affronter le passage à l’âge adulte.
Cette histoire semble tournée résolument vers le fantastique mais Gwen de Bonneval parvient à désorienter le lecteur en changeant, subitement, son fusil d’épaule. Ainsi l’aventure extraordinaire, émaillée de rencontres et d’animaux insolites, ne perd jamais le sens des réalités et nous immerge aussi dans une époque moyenâgeuse, fort bien retranscrite grâce à l’habilité de Matthieu Bonhomme. Dans cette nouvelle version, nos yeux glissent sur des croquis jubilatoires. Le dessin est montré à l’état brut et rend les planches vibrantes et rayonnantes malgré l’absence de couleurs.
Voici donc un premier cycle revu et réussi. Entre l’ordinaire chevauché à travers forêts et plaines, la traversée onirique de contrées inconnues et un huis clos familial dans les tours d’un château, cette histoire saura plaire aux amoureux du fantastique et de l’héroïque. On espère de ce volume, le présage indéniable d’une suite admirable.
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Murena
Depuis le début de la série, Murena (éditions Dargaud) nous tient en haleine, avec toujours la même passion. Elle nous plonge dans la Rome antique à son heure de gloire et de dépravation. L'histoire racontée est celle du pouvoir et de la gloire...
Autour du personnage fictif de Lucius Murena, une éternelle tragédie se joue: trahisons et crimes se succèdent, complots se fomentent. Après une première partie tumultueuse, Néron l'empereur, fin successeur de Claudius, vie dans l'illusion de la divinité et lentement semble sombrer dans la folie. Un nouveau cycle placé aussi sous le signe de Poppée, digne remplaçante d’Agrippine par sa beauté, son ambition et sa cruauté.
À travers le quotidien d'une société aux moeurs perverses où le népotisme et le stupre sont monnaies courantes, nous assistons à des soirées orgiaques, des tueries de gladiateurs et des drames familiaux succulents. Les auteurs nous offrent une véritable immersion en plein coeur de la capitale impériale et de ses coutumes.
Une somptueuse série indéniablement réussie. Les intrigues se tissent remarquablement bien autour de personnalités qui se peaufinent et florissent au fil des tomes. Quant au dessin de Delaby et aux couleurs de Jérémy Petiqueux, la justesse dans les détails et les ambiances sont si réalistes que le tout en devient convainquant. L'harmonie entre sujet et forme, ajoutée au glossaire à chaque fin d'ouvrage, enrichie la lecture.
Après 7 volumes réalisés les auteurs signent là une reconstruction historique romancée, appréciée du grand public et saluée par les spécialistes du genre! Une saga passionnante à dévorer. Magistral, riche et intelligent.
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Epoxy
Le Lombard nous fait la joie de rééditer un livre passionnant: Epoxy de Van Hamme et Cuvelier. Entre érotisme discret et sensuel, voyage initiatique et farfelu, cette aventure est un régal pour les sens.
Ecrite à la fin des années soixante, l’histoire d’Epoxy est celle d’une jeune grecque contemporaine qui se retrouve échouée sur l’île des Amazones et qui doit se débrouiller seule au pays des anciens dieux grecs. Elle sera transportée par Hermès, connaitra l’intimité d’Ulysse, rencontrera Héraclès… Elle verra tout ce qui est normalement interdit pour les yeux d’une simple mortelle. Mais la beauté d’Epoxy peut rendre fou le plus sage des dieux!
Le dessin au pinceau, en noir et blanc, précis et puissant de Cuvelier donne vie à l’imaginaire avec un réalisme saisissant et un humour non dissimulé. L’écriture de Van Hamme est fluide quoiqu’un peu marquée par son époque, elle coule comme le Styx, et une fois dessus, impossible de ne pas arriver au bout! Vous l’aurez compris, une fois la bande dessinée ouverte… la curiosité l’emporte!
Cette fin d’année 2009 célèbre admirablement la bande dessinée érotique. Les éditeurs se sont-ils donné le mot? Ils sont nombreux à republier des récits pour «public averti».
Parmi eux, je vous invite donc à découvrir les ouvrages suivants: aux éditions Glénat Marie Gabrielle de St Eutrope de Pichard et Le Déclic de Manara; chez Delcourt, collection Erotix, Emmanuelle de Crépax & Les 110 Pilules de Magnus. Sans plus attendre, rendons hommage à tous ces auteurs talentueux. Ils traitent avec charisme d’un sujet qui aujourd’hui, semble-t-il, se démocratise.
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Le ciel au dessus du Louvre
Co-édité par Futuropolis et le Musée du Louvre Éditions, Le ciel au dessus du Louvre, signé par Bernar Yslaire et Jean Claude Carrière nous raconte un chapitre de l'histoire française où l'art et la politique sont intimement liés.
Plus précisément, cette bande dessinée a pour sujet la réalisation d’une peinture commandée par Robespierre, que David doit réaliser. Le sujet de la toile est «l’Etre Suprême», symbole de la nouvelle république instaurée suite à la Révolution Française. Á travers la réalisation impossible de ce portrait exemplaire, le récit retrace historiquement, les ambitions de l’Incorruptible et les choix qui l’ont poussé à instaurer la Terreur. En parallèle nous assistons aux obsessions artistiques de David, «peintre des Temps Modernes».
L’écriture est forte, percutante et efficace. C’est un constat historique, sans prise de parti, une cruelle réalité des faits d’une période extrêmement importante dans l’histoire de la France, mais trop souvent oubliée. Le dessin d’Yslaire est de toute beauté, le découpage pend des libertés face à un certain classicisme de la Bande Dessinée et rend tout à fait hommage aux recherches de David pour sa peinture «moderne».
C'est une plongée fascinante dans la Révolution Française sous l'angle inédit de sa représentation au sein même d'un atelier d'artiste. Sans prétentions, nous avons affaire à un ouvrage beau et intelligent. Superbe.
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L’Ancien temps
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
«Bienvenue au pays où l’eau voyage à l’envers et les larmes coulent vers le ciel ». En rejoignant, aux éditions Gallimard, L’Ancien temps où une certaine femme se change en renard, vous naviguerez au gré des pages colorées et foisonnantes d’imagination, et glisserez sur les dessins jetés d’un auteur qui fait preuve d’habilité et de ruse.
Sans plus attendre immergez vous dans l’univers fantastique médiéval de ce récit chargé de rebondissements, dont la source est proche de la série Donjons chez Delcourt. Voici l’histoire du jeune Cassian qui, aveuglé par l’amour, fonce tête baissée vers l’inconnu.
Ce jeune naïf est éperdument amoureux de la belle Nadège, apprenti sourcier talentueuse et confirmée qui se moque peu du dévouement dont fait preuve ce fiancé. Animée d’une flamme ardente, la rouquine veut découvrir le monde et ses hommes et rêve d’une existence moins ennuyeuse que celle que peut lui offrir son prétendant. Afin qu’elle puisse en toute liberté jouir d’un destin plus fougueux, elle demande alors à son maître, un loup sage et fourbe de mentir à Cassian. Manipulé par l’ancien, il se met en tête de la retrouver. Armé d’un serpent, le voici lancé dans une quête faussée. Sur leur chemin, les deux jeunes fougueux croiseront le fer d’un roi qui vénère un Dieu unique, le courroux d’un ogre et d’une licorne au service d’une reine vengeresse, les paroles venimeuses d’une hermine fourbe, les branches d’un arbre magique et de bien d’autres créatures enchantées.
Aux côtés de grands enfants «bêtes et méchants», armez-vous de ce livre pour leurs raconter les péripéties héroïques et fantastiques de notre héros quelque peu raté mais sincère. Une fable burlesque aux textes parfois trop familiers mais qui enchantera les fidèles adorateurs de notre auteur français aujourd’hui incontournable, qui dénonce au passage la soumission à un dieu culpabilisant…
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Blast
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Réalisé par Manu Larcenet, Blast nous dépeint le portrait sombre d’un homme à la dérive, sur lequel le poids du monde semble reposer. Découvrez aux éditons Dargaud ce premier volume dont l’histoire est étonnement lointaine de la jovialité avec laquelle Larcenet à l’habitude de nous enivrer.
Polza Mancini, 38 ans, marié, écrivain gastronomique, devenu brusquement clochard, se retrouve au commissariat pour un crime commis à l’encontre d’une certaine Carole Oudinot. L’homme en garde à vue face à deux inspecteurs nous raconte son parcours pour le moins chaotique. Nous plongeons ainsi dans une vie lourde en émotions où la graisse tient une place incommensurable. On apprend aussi qu’à la disparition brutale de son père, il fut ébranlé et presque révélé à lui même, par un choc psychique qu’il nomme «blast». Traumatisé, l’événement le pousse à fuir la civilisation vers une destination pour le moins étonnante, l’île de Pâques. Au fur et à mesure, il nous fait part de réflexions diverses qui nous interpellent et en même temps nous noient dans un flot de mots qui perd peu à peu sens. Mais où veut-il en venir?
La tournure du propos se dilue étrangement au dessin grouillant de matières vivantes, évoquant un mal être dérangeant. Les planches en noir et blanc sont recouvertes de crayonnés incisifs, de ratures et d’aplats faits d’un mélange de fusain et de peinture. De ce jeu d’ombre et de lumière ressort une grisaille générale, mélancolique et déprimante. Pourtant on ne peut s’empêcher d’éprouver de l’empathie pour ce gars là, un unique brin d’espoir.
Avec ce récit, Larcenet nous surprend. Il nous met face au mur. Il nous place devant un homme à l’apparence ingrate, voir dégoutante et pourtant! Tel un poème romantique, nos yeux se rivent sur ce gros bonhomme au nez long, étrange et insaisissable. Une bande dessinée obscure et terriblement «illuminée», à la fois cauchemardesque, vibrante et touchante.
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Il était une fois en France
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Intitulé Honneur et police, voici le troisième tome d’Il était une fois en France aux éditions Glénat. Réalisée par Fabien Nury et Sylvain Vallée, cette série en bande dessinée traite d’un sujet qui fait mal: la collaboration.
Loin d’être une fable manichéenne, le scénario de Nury est d’une finesse et d’une subtilité remarquable. Basée sur des fait réels mais romancés, l’histoire nous raconte les péripéties de Joano, Juif roumain qui émigre en France à la fin des années trente et qui fait fortune dans le commerce de l’acier. Sa position de riche entrepreneur va le mettre dans une situation difficile durant l’occupation. Pour survivre il devra s’allier à de terribles malfrats et surtout avec les nazis. Encore dans un esprit de conservation, il deviendra résistant à la fin de la guerre et finira gangster dans les années cinquante.
Ce récit passionnant est dessiné d’une main de maître. Le style réaliste rehaussé de couleurs sobres est efficace et ne peut laisser indifférent. La justesse du trait, la finesse du découpage absorbe totalement le lecteur qui se prend de passion pour Joano à la personnalité complexe.
Criminel pour certains, héros pour d’autre, découvrez le destin hors du commun d’un homme qui nous pousse à une réflexion intérieure sur la valeur du libre arbitre. Qu’aurions nous fait à sa place?
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OVNI- L'affaire Varginha
Rares sont les bandes dessinées traitant sérieusement des ovnis, sujet délicat souvent pris à la légère. C’est pourquoi cet ouvrage édité chez Ankama, mérite toute notre attention. Philipe Auger revient sur le «Roswell brésilien», un des phénomènes les plus marquants de l’ufologie moderne. Découvrez l’événement qui ébranla toute une population, suscitant curiosité, questionnement et peur.
Varginha, petite ville brésilienne, 20 janvier 1996: un objet volant non identifié se crashe en pleine forêt, dans une vallée proche des habitations. Un homme ayant vu l’étrange vaisseau traverser le ciel se met à suivre la fumée jusqu’à destination, étonnamment devenue, en deux en trois mouvements, le point de chute de l’armée aux aguets et de tout son attirail déballé. Bizarre et prévisible?! Si l’armée est présente, c’est que l’évènement est de taille et secret d’État.
Sans plus attendre l’affaire est étouffée. Mais des témoignages se multiplient et font mention de curieux phénomènes: quelqu’un a vu l’armée attraper des «petits monstres», trois jeunes filles revenant de leur travail se figent à la vue d’une curieuse créature prostrée dans le coin d’un terrain vague, un policier meurt mystérieusement d’un mal sans nom, un chirurgien reçoit même l’ordre d’opérer une de ces choses…
Très cinématographique par moment grâce aux cadrages, on est vite captivé par le récit que l’on dévore bien trop vite. Les pages se succèdent autant que la sueur nous monte au front. C’est à en devenir presque terrifiant, surtout lorsqu’on épluche le dossier complémentaire fait d’interviews de spécialistes tout confondus.
On ne vous demande pas de croire ou non en l’existence d’une vie intelligente venue de l’espace. L’auteur nous donne juste à suivre, en bd, un récit très documenté où la narration navigue de personnages en personnages, de témoignages en témoignages. Ici, la fiction rejoint la réalité et c’est à vous donner froid dans le dos. Un docu thriller effrayant de réalisme (interdit aux septiques confirmés).
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The autobiography of a Mitroll
The autobiography of a Mitroll est une aventure racontée en deux tomes. Bouzard y est ici surprenant.
Le dessin est très enlevé, comme a son habitude mais s’affine, se précise et reste très juste. C’est surtout au niveau de la narration que la surprise réside. La trame est simple: la mère de Bouzard (en tout cas du personnage qui se réfère à) agonise et ses dernières paroles sont une révélation pour le héros: son père est un Troll. S’en suit alors un road trip à pied, des Deux-Sêvres à la Bretagne et des rencontres aussi merveilleuses qu’improbables.
Bouzard nous ayant surtout habitués à des histoires très drôles, blagues grasses et ingénieuses de pitreries, les orientations de ce nouveau travail affirment une maturité et une subtilité. Même s’il joue encore sur les notes humoristiques qui l’ont fait connaître, l’auteur ajoute une réelle dimension dramatique et poignante qui font, de l’ouvrage, un livre beau et intimiste. Du grand art monsieur Bouzard!
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Nous sommes Motörhead
Dargaud nous propose un collectif qui sent le cendrier, le Jack Daniels et l’odeur de pot d’échappement d’une bécane de Hell’s Angel: un livre sur Motörhead !
Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce groupe de Rock dévastateur, Motörhead est mené à coup de larsens et de grosse caisse depuis 35 ans, par l’immortel Ian «Lemmy» Kilmister. Traversant les générations et surtout fidèles à eux-mêmes, le combo subjugue par sa longévité et son absence de concessions consuméristes. L’hommage est de très bonne facture avec des auteurs tels que Texier, Bouzard, Konture, Blanquet, Witko, Satouf et d’autres encore. Ils nous racontent leur engouement, passion, souvenirs de jeunesse pour ce groupe qui ne peut laisser les amateurs de rock indifférents, et qui peut plaire aux curieux et néophytes!
Procurez-vous l’ouvrage, faites tourner Overkill sur votre bonne vieille platine vinyle et one two three four, Baby let’s Rock!
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O’Boys
Librement inspiré du roman The Adventures of Huckleberry Finn de Mark Twain, O’Boys, parut aux éditions Dargaud, est une magnifique bande dessinée avec Philippe Thirault au scénario et Steve Cuzor au dessin. C’ est un récit d'aventure au sens noble du terme, celle qui entraîne le héros loin de son foyer, à la découverte du monde…
Année trente. Bienvenue aux Sud des États Unis, le long du Mississipi, au bord duquel se croisent les laissés pour compte. Il y a les «Hobos», des clochards nomades, les «H-Jackers», trimardeurs et voleurs, les «Tramps», ceux qui plaquent tout par ennuis, et les «Chats gais», ces gosses de la route ou ces musiciens ratés «qui finissent par ressembler à des petits rats mouillés». Parmi ses pauvres bougres, se distinguent deux échappés fuyant la violence et la précarité, un petit blanc et un grand noir. Huck Finn, ditLittle Boss, et Charley Williams, «Lucius no fingers» le bluesman ensorcelé par sa guitare, cavalent côte à côte, l’un poussé par l’envie de retrouver son frère, l’autre, son âme. Pour ce, Huck suit la route de «Monica1», un jeu de piste connus des vagabonds, tandis que Charley espère, en vain, trouver la voix pour Crossroad (grâce au certain Wilton Coyle). Le destin les avait unis à la suite d’évènements tragiques. Dès lors une amitié profonde étaient née, chacun ayant besoin de l’autre pour survivre.
Cuzor dépeint avec justesse le portrait d’hommes face à l’adversité peu d'années après la grande crise. «Les visages sont marqués autant par la dureté de la nature que par les épreuves traversées. L’auteur possède cette rugosité qui sied parfaitement à la situation». D’une rare intensité, le récit est également un hommage au Blues «celui qui vient des tripes, mélancolique et rythmé, tout comme cet album mené tambour battant»… et qui chante les périlleuses balades de nos compères rieurs.
Ce deuxième volume, Deux chats gais sur un train brûlant, est un voyage, aux couleurs d’une tonalité saisissante, tout aussi riche et exaltant que le premier, Le Sang du Mississippi. Tout y est pour entrainé le lecteur dans une virée transcendante et débordante de vie.
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Le Pape Terrible
Découvrez aux éditions Delcourt un récit transpirant d’une cruelle vérité. Le Pape Terrible, écrit par Jodorowsky et dessiné par Caneschi Theo (Le Trône d’argile), nous dévoile, sans retenue, les travers de la Sainte Église. Faites place à l’ignominie où le pardon est un leurre et le péché commis sans peur.
18 août 1503. «Victime d'un mal mystérieux, le St Père Alexandre VI passe de vie à trépas. Aux premières lueurs de l'aube, la course au trône papal s'engage. Pour gagner le St Siège, bien des limites seront franchies sans expiation possible. En outre, le cardinal Della Rovere, ennemi juré du clan Borgia, entend bien accéder à la fonction suprême, quitte à vendre son âme au diable...». Ainsi dès les premières pages on rentre dans le vif du sujet: l’hypocrisie ecclésiastique dans toute sa splendeur. Ce qu’on nous donne à voir n’est que mensonge et manipulation, luxure et avarice, cruauté et meurtre… Non en l’honneur de Dieu mais bien au nom de la Gloire et du Pouvoir, le Vatican se transforme en lieu de débauche.
Entre ésotérisme et perversion, Jodorowsky traite une fois de plus un sujet qui lui est cher. Après Borgia illustré par Manara, le scénariste réalisateur nous entraine dans un nouveau gouffre, aux couleurs divines paradoxalement chaudes et accueillantes. Assistez à une suite d’événements trop parfaits, dépeints, grâce à Theo, à la façon des artistes de la Renaissance où le culte du beau et le goût prononcé pour le nu est mis en avant. Un dessin proche du réalisme pour mieux nous rapprocher d’une réalité écœurante.
Fidèle aux promesses annoncées, par un titre des plus évocateurs associé à l’image de la Pietà de Michel Ange revue et corrigée, l’histoire révèle un complot des plus sombres et mesquins, en total désaccord avec la moralité chrétienne. On n’en espérait pas moins! Complètement assumé, ce premier volume est réussi. Une couverture osée pour un sujet en or à vous glacer d’horreur.
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Rébétiko (la mauvaise herbe)
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Avec Rébétiko (la mauvaise herbe), aux éditions Futuropolis, David Prudhomme rend hommage aux Rébètes, «ces rebelles épicuriens de la musique populaire grecque». Avec passion, il nous décrit un bref moment de la vie d’un groupe, «durant lequel on pourra goûter au charme vénéneux des bas-fonds du port du Pirée». Quand la musique libérait les esprits…
Né dans la Grèce des années 20, le rébétiko, parfois nommé le blues grec, est une musique populaire, souvent contestataire, et comparable au tango, au fado. Son univers et l’esprit libertin qui l’irrigue ont d’abord happé l’auteur. Puis celui-ci fut conquis par les personnalités des musiciens: «des marginaux déracinés de Turquie, des frères d’infortunes survivants dans les bidonvilles». Inspiré de personnages et faits réels, il raconte ici leurs errances nocturnes et comment, dans un pays dirigé par le général Loannis Metaxas, un dictateur nationaliste ayant instauré un régime autoritaire et liberticide, ces gens ivres de plaisirs, dont la culture est jugée décadente, deviennent la cible du gouvernement. La répression commence mais la chanson continue! Rejoignez Markos, Stravos, Batis, Artémis et bien d’autres qui chantent la douleur de l’exil, le romantisme des ports et leurs amours miséreuses. Ici, Prudhomme nous ravi les yeux avec son trait raffiné et son dessin clair aux couleurs ombragées. Les pages sont d’une luminosité et d’une fraîcheur toute méditerranéenne. On y sent toute la chaleur et la rudesse du Sud, de ses hommes, toute la douceur et la folie du vent, de ses femmes, et les odeurs des figues fraiches où l’ombre de l’olivier se couche…
Un récit somptueux aux images fantasmagoriques. «Prudhomme réussit la prouesse de faire vibrer les bouzoukis dans les yeux de ses lecteurs, à tel point qu’on sort de la lecture avec une impression sonore». Enivrant. Hypnotique!
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Princesse du sang
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
La Princesse du sang est l’adaptation inespérée d’un polar écrit par Jean-Patrick Manchette dans les années 90 et jusqu’ici resté inachevé après la disparition de l’écrivain. Grâce à l’aide de son fils Doug Headline, lui même auteur et journaliste, Max Cabanes met en image une histoire haletante, mêlant aventure et espionnage, action et géopolitique.
Janvier 1956 Ivory Pearl, «célèbre photographe qui va là où les mecs ont peur d’aller, le Robert Capa femelle» décide de se retirer au beau milieu de nulle part, à l’écart des sensations fortes devenues épuisantes et envahissantes. Personne ne la retiendra, pas même Robert Messenger, son protecteur, seule famille, seul confident. Bien au contraire cet ancien officier de la Royal Air Force l’encourage à se retirer du côté de Cuba, dans les montagnes de la Sierra Maestra. À son insu, il va l’impliquer dans une opération des services du contre-espionnage français. Réputée pour ses reportages de guerres et son mépris du danger, cette femme à la poigne de fer va se retrouver au cœur d’un trafic d’armes et d’une ancienne affaire de kidnapping qui risque de lui coûter cher, surtout après une rencontre inattendue dans la jungle. Se laissera-t-elle manipuler ? Ou surprendra-t-elle une fois de plus le monde par son courage et sa tête dure?
Le dernier roman écrit par Manchette était resté sans fin ! Aujourd’hui, avec ce premier volume d’un dyptique annoncé, Headline et Cabanes nous tiennent en haleine. Marchez et suivez en image les traces écrites d’un dénouement que l’on attend avec impatience.
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Dungeon Quest
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Une fois de plus l’Association nous régale avec une nouvelle traduction de l’œuvre singulière du jeune Sud-Africain Joe Daly. Voici dans la collection Espôlette, le premier tome d’une trilogie déjantée: Dungeon Quest, une «Fantasy Adventure» définie par le héros en début d’ouvrage.
Bienvenue dans l’univers fulgurant de Millenium Boy, notre personnage principal à la tête ronde et modeste comme une montgolfière. Préparez vous pour une envolée lyrique dans son genre et joignez vous à l’équipe de choc que forme le quadruple Millenium Boy, le mage, Steve, le voleur, Lash Penis, le guerrier et Nerdgirl, l’archer. Inspiré fortement de la culture des jeux de rôle, ce récit ravira tous les amateurs du genre. Le lecteur suit l’évolution rocambolesque des personnages qui cumulent des points d’expériences à chaque action héroïque, accumulent de nouveaux équipements, armes et costumes confondus et bien sûr rencontrent sur leurs passages des personnages complètement improbables, clochard poète, homme taupe et indien allumé au calumet de la paix bien chargé. Quant aux néophytes, ils devraient être séduits à la fois par «la densité narrative de ce récit d’action, que par le décalage humoristique, ésotérique et psychédélique avec lequel Joe Daly pervertit sa propre histoire».Vous l’aurez saisi, cette histoire à rebondissements est truffée d’idées grotesques et de clins d’œil à mourir de rire.
Attachez vous pour une aventure épique, digne d’un geek. Ce petit format en noir et blanc est à caller dans une poche, à l’abri des voleurs et des ennemis alentours. Et pour ceux qui ne connaissent pas encore cet auteur talentueux, je vous invite sans plus attendre à dévorer ses ouvrages antérieurs dont la succulente, prodigieuse et prometteuse aventure The Red Monkey dans: John Wesley Harding, un road movie original et planant. |
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Happy Sex
Après son succès absolu et incontesté avec Titeuf, notre cher Zep, grâce à Happy Sex, s’attaque à un sujet réservé cette fois-ci exclusivement aux adultes. Quoi de plus coquin et fantaisiste que de nous coucher sur papier les quelques ébats divers et variés auxquels nous sommes tous confrontés…
Voici une galerie X des plus croustillantes où l’auteur nous montre avec humour, sans tabous, les petits délices ou vices secrets de l’acte sexuel. Car les gens ont parfois recours à de drôles de mœurs, des pratiques sadomasochistes aux partouzes idylliques, du complexe de l’éjaculateur précoce à l’amant insatiable… Tout semble possible, du plus sérieux au ridicule. Sans vulgarité ni pudeur, il nous livre des moments intimes où le plaisir glisse vers le rire. Son dessin, sans équivoque, nous tire les lèvres jusqu’aux oreilles: comment résister aux expressions exagérées des personnages, à leurs positions sportives et loufoques ainsi qu’aux alléchants commentaires? De délicieuses aquarelles hautes en couleurs, au service d’anecdotes familières pour certains, révélatrices pour d’autres.
Happy Sex met à nu les mœurs singulières et si humaines, des drôles de créatures que nous sommes. À vos lunettes, lentilles ou loupes! Examinez en profondeur et sans complexe les quelques clichés finalement gentillets, amusants, dans lesquels beaucoup se retrouveront.
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Le signe de la lune
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Découvrez ce fabuleux conte écrit par Enrique Bonet et illustré par Jose Louis Munuera, dans la collection Long Courrier chez Dargaud. Imprégnez-vous de l’ambiance spectrale et laissez vous aller à l’étrange enchantement de cette histoire mélodramatique.
Dans un petit village reculé d'Espagne, les habitants d'Aldéa sont sous l'emprise de vielles croyances ancestrales. Malgré les revendications et médisances des plus âgés, certain gamins s'en vont en forêt braver les dangers. Parmi eux se trouve la jeune Artémis, fascinée par la beauté hypnotique de la lune. Pour admirer de toujours plus près l'astre spectral, elle entraîne son petit frère dans des aventures toujours plus casse-cou jusqu’au jour où tout bascule… Quelques années plus tard nous retrouvons ces gamins devenus grands dont les destins semblent liés et scellés par la reine de la nuit.
L'histoire presque intemporelle est constituée en deux chapitres bien distincts, l'un appartenant au passé, celui de l'enfance, l'autre tourné vers le futur, le monde adulte. Une intrigue simple au service d’une réflexion subtile sur la vie et ses maux. D’un blanc immaculé teinté de gris, cet ouvrage est un régal pour les yeux. Magnifiquement dessiné, Munuéra nous livre assurément les plus belles planches qu’il n’ait jamais réalisé et nous offre des dessins à l'image de la lune,dont la grâce n’a d’égal que sa parfaite rondeur.
Entrez au cœur de cette œuvre tendre et crépusculaire, dont le scénario et le dessin sont parfaitement maîtrisés. Une plongée émouvante et poétique dans la campagne espagnole des années vingt, au fil d’un superbe conte noir et magique.
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L’or et le sang
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Publié par la maison d'édition 12 bis, L’or et le sang est un projet à 5 mains scénarisé par Fabien Nury (Il était une fois en France, West) et Maurin Defrance, dessiné par Bedouel et Merwan Chabane (Fausse Garde) puis colorisé par Romain Trystram. Rares sont les bandes dessinées où de nombreux auteurs collaborent avec tant d’assurance, de cohésion et de classe.
Voici l’histoire de deux hommes que tout oppose. Ils n’auraient jamais dû se croiser et pourtant le destin les a réunis grâce à une petite chose de la nature. Léon Matilo, ancien truand corse, et Calixte de Prampéand, aristocrate issu d’une riche famille d’industriels, font connaissance au fond d’un trou noir puant la mort ; à leur côté se tiennent des compagnons terrorisés et… un hérisson alcoolisé. Alors pris au piège dans les tranchées pendant la Grande Guerre qui ébranle le pays, les deux survivants s’accrochent à la vie en se réfugiant dans une fabuleuse légende: celle d’Arudji, un esclave devenu pirate puis roi d’Alger. Persuadés qu’ils ne sortiront pas vivants de cet enfer, ils font un pacte délirant au beau milieu d’une folie meurtrière : s’ils échappent à la mort, eux aussi partiront à la conquête de la Méditerranée… Bien des années après ils se retrouvent et partent à l’aventure, l’arme au poing, la tête froide et dure, les idées bien en place…quoique!
Dans un style qui se détache de la majorité de la production actuelle, les auteurs nous offrent des planches dynamiques et séduisantes où les combats de tranchées comme les scènes d’abordage sont toutes aussi spectaculaires que les paysages méditerranéens dont le vieil homme, narrateur, semble issu. D’ailleurs qui est cette personne? Cela renforce notre impatience à découvrir la suite du récit.
À l’unisson les auteurs et le conteur nous livrent avec générosité et humour, une histoire d’amitié hors du commun sur fond historique. Entre fiction et réalité, ce récit à rebondissements, corsé et poivré, séduira indéniablement les amateurs d’aventures.
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Dieu en personne
Après quelques années de silence, Marc Antoine Mathieu revient sur les devants de la scène avec un one shot des plus originaux de la rentrée 2009. L’auteur en personne vous présente Dieu en personne, aux éditions Delcourt. Ce n’est pas une mince affaire que de tenter d’imaginer l’impossible et pourtant… cet auteur talentueux excelle dans l’art de raconter l’irracontable.
Imaginez… Si aujourd’hui Dieu, l'Unique, le Sublime, se réincarnait et descendait sur Terre? Comment réagirait l’espèce humaine? Et bien l’homme fidèle à lui-même n’a rien trouvé de mieux, que de lui coller un procès aux fesses. Et oui! La société civilisée n’a aucunement l’intention de lui réserver un traitement de faveur et cela va de soit: Dieu est parmi nous, Dieu est Créateur de toutes choses, Dieu devra en répondre devant ses créatures. En bref qu’il prenne ses responsabilités en main, ainsi soit-il! Adoré pour des siècles et des siècles, le voici médiatisé, exploité, démystifié… Et pourtant à son procès ce petit bonhomme ne manque pas de répartie. Il est dans la partie et tout se joue, il l’a bien compris, sur les règles de la rhétorique.
D’ailleurs Marc Antoine Mathieu excelle en la matière. Nourri de références philosophiques et littéraires, les dialogues sont d’une qualité à la hauteur du «Très Haut»: éloquents, percutants, cinglants qui ne manquent ni d’humour, d’ironie voir d’autodérision. Quant au dessin, l’auteur reste fidèle à son genre: un noir et blanc tranché d’un gris franc, qui incarne là, le visage de l’humanité: bon et mauvais tout à la fois. Finalement, cet ouvrage est une série de remise en questions au sujet de Dieu, sa responsabilité, son intégrité… vis à vis des hommes, limités, stupides, têtus… l’autre sujet abordé et prépondérant.
Dieu en personne nous renvoie l’image de nous même et c’est à mourir de rire devant tant d’absurdité. Jusqu’où sommes nous capable d’aller ? Pour le savoir, il vous faudra lire les 123 pages hilarantes et terrifiantes de cet ouvrage sujet à la controverse. Délectez-vous de ce breuvage exquis et intelligent. Car là où l’on croit que cette bande dessinée soulève la question fondamentale de l'existence de Dieu, tout porte à croire que c’est le sens de l’humanité qui est en jeu.
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Pachyderme
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Voici le nouvel album de Frédérik Peeters, paru aux éditions Gallimard. Pachyderme est un one shot qui fait contre poids au récit humain, réaliste et autobiographique, que l’auteur a eu jusqu’ici l’habitude d’exploiter. Cette histoire sort des sentiers battus, d’ailleurs elle débute ainsi…
Caprice, l’héroïne dont le mari vient d’être victime d’un accident, tente de rejoindre l’hôpital où il a été emmené. En route, un pachyderme étendu sur la chaussée empêche la circulation d’avancer et la contraint à changer de cap. C’est ainsi que débute son aventure. Un long périple l’attend, semé de bizarreries, spirale émotive qui aura sur elle des effets vertigineux. Pour rejoindre son homme, elle traverse une forêt étrangement inquiétante, s’imposant naturellement comme une frontière symbolique et vague qui sépare la raison de l’irrationnel. Puis elle arrive à l’hôpital, un établissement labyrinthique, démesuré et constitué d’un véritable dédale de couloirs semblables et interchangeables, dans lequel elle se perdra. Elle y rencontrera des personnages dénués de sens, un foetus monstrueux qui lui fait signe de la main, un espion grotesque qui lui parle de la guerre froide, un cadavre qui lui tient des propos de psychologue…
Voici le tableau haut en couleur de ce récit peu conformiste où l’ordre des choses est fortement perturbé. La tournure des évènements, prend des allures surréalistes et la construction narrative devient «chaotique». Au fil des pages, on la sent prise au piège autant que l’on perd le fil conducteur, si tenté qu’il y en a. C’est le jeu, celui de la folie ou du rêve, dans lequel tout est permis et rien n’a de sens. À chacun d’y chercher une interprétation, cohérente ou non.
Qui aura le courage de tenter une lecture sans allers-retours pour vivre pleinement l’expérience ? Le nouveau livre de Frederik Peeters nous dérange comme dans un film de David Lynch et nous fait rire comme dans la série Ally McBeal. L’étrange étrangeté qu’il immisce en son sein à de quoi dérouter. Nous perdons pied autant que l’héroïne. Onirique et curieusement subjuguant.
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La Petite Fille Bois-Caïman
25 ans après les Passagers du vent, sorti à l’époque chez Casterman, Bourgeon poursuit l’aventure avec ce nouveau tome, La Petite Fille Bois-Caïman parut aux éditions 12 Bis. Avant tout, relisez les cinq premiers tomes du premier cycle pour apprécier à sa juste valeur la suite de cette grande fresque historique.
Replongez dans les méandres du Foudroyant, de son fier équipage de 800 ans hommes, dont le jeune et vaillant matelot Hoel, et de la Fille sous la Dunette, notre belle héroïne portant le nom d’Isa. Rappelez-vous des Caraïbes et de sa prison nommée Ponton où Isa et son amie Mary tenteront un plan d’évasion. Souvenez-vous aussi du négrier, la Marie Caroline, se dirigeant vers la Guinée et jetant son ancre devant l’antre du Comptoir de Juda. N’oubliez pas le sordide marchandage qui sévit à l’époque, entre l’Afrique et l’Europe, sonnant l’Heure du Serpentoù comment les blancs tente d’acquérir les noirs surnommés Bois d’Ébène. Au bout du voyage, nous laissions Isa l’intrépide, âgée seulement de 18 ans, seule et livrée à elle-même sur les côtes de St Domingue en 1782. Le sourire aux lèvres et les yeux plein d’espoir, nous la quittions en imaginant son destin… C’est ce que Bourgeon nous invite à découvrir dans cette suite mais pas seulement.
Le temps s’est écoulé, nous sommes en 1862. L’image des chaloupes en bois grinçantes et suintantes, des enchevêtrements de cordes et poulies, laisse place à l’esthétique nouvelle de l’ère industrielle, faite de vapeur, de métal et fumées noir. Isa a changé. Sa chevelure d’ébène, tout comme son identité, s’entremêle avec la tignasse flamboyante de l’étrange rousse qu’est Zabo, un nouveau personnage clef. Le lecteur assiste au soulèvement des esclaves à St Domingue, à la guerre de Sécession en Louisiane et finalement, continue à voyager au gré du vent.
Bourgeon est resté fidèle à l’univers du premier cycle mais quelques différences apparaissent, notamment sur le traitement de l’image. «L’eau a coulé sous les ponts» depuis la naissance de cette fameuse saga maritime, mais laissez-vous porter vers de nouveaux horizons. Bourgeon nous y invite. Un bel hommage!
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Le Roi Rose
David B. nous fait le plaisir d'adapter en bande dessinée une nouvelle peu connue de Pierre Mac Orlan, le Roi Rose, extraite de la Chronique des jours désespérés. Son histoire est celle du fameux Hollandais Volant, un bateau de pirate condamné à errer pour l’éternité sur les mers désolées. La légende du navire maudit à longtemps terrifié et hanté les esprits mais il garde toute sa force symbolique, la preuve en est avec cet ouvrage onirique.
Nous voici à bord du plus populaire des navires fantômes. Des pieds morts foulent le bois en quête d’une mort prochaine. Leur peur: l'éternité d'une vie de mort sans terreur, ni saveur, sans sueur, ni labeur, sans souffle, ni cœur. Ainsi nos héros, des squelettes ambulants, tentent par n’importe quel moyen d’abréger leur calvaire mais en vain. Á chaque fois ils en réchappent et poussent le même cri d’indignation "Catastrophe, nous sommes sauvés !". Quelle galère! Finalement l’histoire se répète et la tentative du suicide collective se renouvelle, pour le plus grand désarroi et la joie, tout à la fois, de l’équipage. Paradoxe? Non malédiction presque ironique puisqu’à force de chercher la mort ils trouvent la vie, incarnée par un poupon tout rose qu’ils nommeront le Roi Rose. Le petit naufragé, au fil du temps, insuffle un but à leur misérable existence, ce qui les rassure et leur suffit. Mais quand est-il de cet être vivant? Lui qui grandi entouré de défunts, certes attachants mais puants définitivement, va se trouver face à un problème existentiel…
Á l'origine, cette nouvelle est une parabole, courte et poétique. La rédaction, d'une simplicité déconcertante, est au service d'une réflexion débordante de complexité, celle de la vie et de la mort. Ce récit initiatique est aussi une métaphore sur l’enfance, un des thèmes de prédilection de l’auteur qui d’ailleurs l’illustre avec magie et élégance. David B. nous offre une suite d’illustrations, d’une étrangeté ésotérique digne de ce nom.
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Sandokan
Casterman nous offre ici, une publication inédite et surprenante, réalisée par un duo italien de renommée. Voici Sandokan, une bande dessinée écrite par Milani à la fin des années 60 et dessinée par Hugo Pratt au moment même où il réalise en solo la Ballade de la mer salée. Sortie d’un vieux carton oublié dans le coin d’un grenier, découvrez le fruit à peine mûr mais appétissant de cet ouvrage qui recèle les prémisses d’un jeune moussaillon devenu maître aujourd’hui.
Surnommé, le Tigre de Malaisie, l’histoire de Sandokan est adaptée du roman écrit par l’italien Emilio Salgari (1862/1911). Avec Milani, Pratt nous conte les aventures de ce pirate redoutable du XIX° siècle, qui sévit dans les alentours de Bornéo en 1849. «De son île sauvage, il prépare des raids en tous genres, galvanisé par sa haine des Blancs, qui avaient assassiné sa famille. Le récit commence alors qu’une tempête balaie le repère de Sandokan, et qu’un marin portugais vient lui parler d’une splendide jeune femme aux cheveux d’or, ce qui décide le pirate à partir à sa recherche ...».
Ce personnage, aussi vieux que Corto Maltese, pour des raisons obscures demeura tapi dans l’ombre pendant des décennies. Son épopée aurait pu devenir épique, au lieu de cela, Hugo Pratt n’aura dessiné que les deux premières parties du récit. Ceci dit, appréciez aujourd’hui l’hommage qui lui est rendu.
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Les épées de verre
Avec les Humanoïdes Associés, découvrez une nouvelle série, Les épées de verre ainsi qu’une auteur mal connue et pourtant talentueuse, Laura Zuccheri. En collaboration avec la scénariste Sylviane Corgiat (Elias le maudit, Lune d'Ombre), cette dessinatrice italienne de fumetti pour Bonelli fait son entrée dans la BD franco-belge. Ensemble, elles nous offrent une aventure fantastique prometteuse.
Dans un monde pré apocalyptique, le soleil est devenu un ennemi redoutable menaçant d’anéantir la terre sur laquelle vit la jeune Yama et son peuple. Cette gamine téméraire se découvre alors un destin hors du commun: elle est l’une des élues choisies pour réunir quatre épées magiques. Quatre lames permettant d'ouvrir une porte sur un autre monde, une sorte d’eldorado ou de terre promise pour les survivants dont la peur ne cesse de croître. Mais Yama, dont le père a été massacré par les siens et la mère enlevée par un bandit, ne laissera-t-elle pas son désir de vengeance éclipser cette mission ?
Cette histoire intemporelle nous propulse dans un monde aux allures médiévales où la terre est jonchée d’une nature luxuriante aux couleurs généreuses et peuplée de créatures oniriques dignes des bestiaires inventés par Léo (Aldebaran, Beetlgeuse) ou Myasaki (Princesse Mononoké). À découvrir…
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RICHARD STARK’ PARKER: THE HUNTER
Par Darwyn Cooke
Cet auteur aux graphismes, et aux tendances générales, très rétros a choisi d’adapter le roman «The Hunter» de Donald Westlake sous le pseudonyme de Richard Stark.
Connu en France sous le titre de «Comme une fleur», cet ouvrage fut adapté au grand écran deux fois. Une première fois en 1967 «Le Point de non-retour» de John Boorman avec en tête d’affiche Lee Marvin et ensuite avec «Payback» de Brian Helgeland cette fois-ci avec Mel Gibson. Notons que le personnage clef dans les adaptations s’appelle respectivement Walker et Porter.
Cooke, qui décidément a une préférence pour les années de l’après-guerre(New Frontier, Spirit), signe ce qui est le premier d’une série de quatre adaptations de livres des mésaventures de Parker pour l’éditeur IDW.
L’histoire est simple. Parker déboule à moitié mort, crasseux et sans un sou dans New York. Il va ensuite se remettre d’aplomb puis se hisser de magouille en magouille à une position financière plus confortable pour pouvoir trouver les coupables qui ont tenter de l’expédier dans l’autre monde. Le lecteur decouvre au fur et à mesure de «la chasse» les conditions qui ont menés le personnage principal à en arriver là.
Il s’agit là d’un bon roman noir. Un polar à l’ancienne où le héros, si on peut qualifier un sociopathe de cela, est violent, sûr de lui et inarrêtable. Les amis, les filles et même la mort ne sont que des obstacles qui s’interposent entre lui et son but.
Le dessin, le design ainsi que la couleur monochromatique du livre participent pleinement à plonger le lecteur dans le récit anachronique qui nous est donné.
Cependant, j’émets une réserve quand à la qualité graphique fluctuante du trait selon les séquences de narration.
En résumé: Darwyn Cooke a fait un boulot de fou en adaptant un vieux roman mais on sent qu’il a encré à la va-vite son travail en regardant la télé pour les parties qui l’emmerdaient.
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Rosalie Blum
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Avec Rosalie Blum, édité en trois volumes chez Actes Sud, Camille Jourdy signe la fin d’une aventure humaine humble et touchante, dont je vous recommande la lecture sans la moindre hésitation.
Souvenez-vous… Vincent Machot, trentenaire, célibataire, vivant presque chez sa mère, travaille dans le salon de coiffure tenu jadis par son père. Sa vie comme il le dit est pratique et confortable. Un jour une rencontre bouleverse ses petites habitudes. L’impression de déjà vu1 le pousse alors à suivre Rosalie Blum l’épicière du coin, une femme qui de visu n’a rien à envier. À son insu, il l’observe quotidiennement. Haut les mains peau de lapin2 ! Pris par son propre jeu, il est à son tour épié contre son gré par une tierce personne, Aude. La filature brise la monotonie de nos trois protagonistes en même temps qu’elle nous promet, à nous lecteur, quelques surprises et scènes croustillantes.
C’est une histoire banale de gens ordinaires et Camille Jourdy nous la raconte avec générosité, fraîcheur et humour. Le récit, entrecoupé par de splendides aquarelles en pleine page, est ponctué de moments intimes ; allant des petits délires infantiles d’une mère sénile au rêves troublants voir traumatisants du héros. L’auteur réussit par son dessin léger et sa mise en scène libre, à dépasser la morosité qu’inspire chacune de ces vies tout en attisant notre curiosité. Les protagonistes mis à nu, en deviennent attachants.
Camille Jourdy nous montre et nous raconte en toute beauté et simplicité, les destins croisés d’hommes et de femmes. Tout en détails et en finesse cette bande dessinée est une gourmandise à déguster. Un vrai délice de couleurs et de motifs. Prometteur. 1 Titre du premier volume. 2 Titre du second volume.
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Gaspation et Josette de rechange
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Il y a peu Charlie Schlingo nous quittait. Florence Cestac avec Jean Teulé, raconte l’histoire de ce poète déglingué, dans un somptueux ouvrage humoristique, Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps, parut aux éditions Dargaud. Aujourd’hui L’Association lui rend hommage à son tour en rééditant deux ouvrages croustillants sortis respectivement en 1979, aux éditions du Square, puis en 1981, chez Albin Michel.
Ainsi, Gaspation, un pavé dont certaines pages sont inédites, conte les péripéties grotesques de Tamponn Destartin et Désiré Gogueneau, des héros complètement cinglés se baladant gaiement dans un univers débordant d’idioties. Quant à Josette de rechange, c’est l’histoire absurde, sans queue ni tête, d’un petit bout de femme gaillarde en quête du grand amour.
Alimentés d’onomatopées délirantes et de vocabulaires incongrus, ces récits sont nourris de références issues du monde de Popeye, Pépito ou Mickey Mouse. Vous y découvrirez des personnages rocambolesques, créés par un énergumène extrême et touchant, gravement atteint d’ironie et de provocation naturelle. Des scènes d’action, aux rebondissements improbables toutes plus farfelues et inventives les unes que les autres, vous couperont le souffle !
Le travail de Shlingo est généreux, pimenté et inédit. C’est un bouillon d’idées qui semble surgir quasi instantanément, sans même mijoter. N’est ce pas là le témoignage d’une poêle bien huilée, celle d’une pratique efficace de l’écriture automatique ou spontanée? On vous salue Mr Schlingo pour cette prouesse ou plutôt pirouette qui nous tient en haleine ! À déguster sans modération.
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Pico Bogue
Sélection Officielle / Festival International de la bande dessinée / Angoulême 2010
Voici le deuxième volet de Pico Bogue : Situations Critiques aux éditions Dargaud. Si vous aimez Calvin et Hobbes de Watterson, Le petit Nicolas de Sempe ou Peanuts de Schulz vous en tomberez amoureux. Ce petit bijoux, signé Dominique Roques et Alexis Dormal nous invite à découvrir la vie de Picolo, un gamin comme la plupart des gamins, débordant de vitalité, curieux et intrépide.
Entouré d’une petite sœur taquine et maline nommée Ana Ana, de parents sympathiques mais décidément trop adultes, de Papic et Mamit présents et attendrissants, Pico au delà des chamailleries et des blagues, s’éveille à la vie. Il grandit et se pose des questions.
Conté sous forme de strips humoristiques, on se plait à rire de ces petites mésaventures drôles et futiles, mais surtout de ses remarques enfantines. Notons le, ce môme à la touffe rouquine et l’allure clownesque ne manque pas de répartie. Il commente parfois, de manière philosophique ou moraliste, les évènements auxquels il fait face. Cela en devient burlesque ou ironique.
Tel un album photo, en parcourant les pages de cette BD, on savoure les anecdotes qui font des petits riens, les grands moments d’une vie. Pico Bogue, est la BD la plus rafraichissante du moment. À déguster à grande gorgée comme le jus d’orange du matin qui, du bout des pieds à la pointe des cheveux, vous donne l’énergie et le sourire pour la journée.
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