Manga - Chroniques des nouveautés

Juin 2010

 





Nouveau !

 

Voyage de Kuro Vol.1

 

Kuro est une jeune femme toute de noir vêtue. Elle porte sur son dos un cercueil et voyage en compagnie de Sen, une chauve-souris qui parle. Elle va de village en village, et cela pour une raison qui reste bien mystérieuse. Un jour, elle tombe nez-à-nez avec deux étranges jumelles nommées Nijuku et Sanju livrées à elles-mêmes. Kuro décide alors de les prendre sous son aile et poursuit son voyage en leur compagnie...

Voila une série qui promet d'être particulièrement intrigante et atypique. Tout d'abord, elle s'organise la majeure partie du temps à la manière des yonkama. C'est-à-dire deux colonnes de 4 cases par page. On retrouve néanmoins un schéma un peu plus classique de temps en temps. Le style graphique utilisé est d'ailleurs assez caractéristique du genre. Des personnages souvent représentés en léger super deformed, avec l'accent fortement mis sur leurs expressions faciales, un trait relativement simple mais extrêmement bien maitrisé dans le genre, et enfin des décors fins et détaillés contribuant à plonger le lecteur dans un ensemble tout à fait unique et enchanteur. Voila les ingrédients qu'utilise Kiyuduki pour nous offrir un univers superbement réussi sur le plan visuel. Mais superbement réussi, Le voyage de Kuro l'est également à bien d'autres niveaux.

 

Library Wars - Love & War Vol.1

A l'origine de Library Wars - Love & War, on retrouve une série de romans éponymes de Hiro Arikawa, dont le succès fut si grand au pays du soleil levant qu'ils ne tarderont plus à paraître en France, également aux éditions Glénat. Pour parfaire le tout, notons que les romans connaissent également une adaptation en manga de style shônen. Peut-être aurons-nous la chance de voir un jour cette version sortir aussi en France, mais en attendant, c'est la version shôjo que nous propose l'éditeur grenoblois.

Nous sommes au Japon, dans un futur où le gouvernement a adopté une "Loi d'Amélioration des Médias", qui a en réalité pour but de renforcer le contrôle des différents supports culturels. Et la principale cible de cette loi s'avère être le milieu littéraire, puisqu'une véritable chasse aux livres débute, l'armée étant mise à profit pour exercer une forte censure des livres en n'hésitant pas à détruire les ouvrages jugés non conformes aux valeurs de l'ordre public et de la patrie.
Face à cette terrible répression, les bibliothèques ont fini par se fédérer, et ont créé un véritable corps militaire pour défendre les livres. Par admiration pour l'un des membres de ce corps des Bibliothécaires, qui a défendu une fois par le passé son statut de lectrice, mais dont elle ne se rappelle malheureusement pas le visage, Iku Kasahara rêve d'intégrer ce corps de lutte et suit une formation dans ce but. Mais en lieu et place du prince charmant qui l'a autrefois sauvée, elle se retrouve avec Dojo, un instructeur impitoyable qui la fait tourner en bourrique !

C'est ainsi que débute Love & War. En inscrivant son histoire sur un futur réaliste vers lequel notre réalité a de plus en plus tendance à se pencher, le romancier Hiro Arikawa nous propose un synopsis de base d'anticipation visionnaire et pertinent, et de ce fait, on est particulièrement curieux de voir comment un shôjo va aborder une telle intrigue. Mais si, dans le genre seinen, le récit aurait pu s'inscrire directement aux côté de récits d'anticipation sombres à la Ikigami, ne nous leurrons pas: ici, nous avons bel et bien affaire à un shôjo. Et pourtant, dans l'univers-même des shôjo parus en France, qui se cantonnent souvent aux romances adolescentes, Love & War, de par ce sujet de base, parvient sans le moindre mal à se démarquer.

 

 

 

Clover Vol.8

Titre VO: クローバー

Un tome 8 qui s'est fait attendre mais qui renoue avec l'originalité des premiers volumes.
Voilà Hayato parti sauver la copine (?) d'Ichigo, prisonnière de la vengeance d'Ando, un ancien rival qui a récolté une belle cicatrice qui le défigure, suite à une bagarre avec ce géant de 17 ans. Un rixe dans les règles menée par Hayato qui a tout du mauvais garçon au grand cœur comme on en voit souvent dans ce genre de titre. Néanmoins le duel ne s'éternise pas, tout se passe sans surenchère et on profite de l'humour d'Hayato autant que de Sayaka. On se demande bien ce qu'elle trouve au géant Ichigo mais il faut reconnaître que la jeune fille apporte un brin de fraicheur à l'histoire avec son caractère bien trempée bien qu'elle n'ait pas la tête de l'emploi. Une fille moderne, une brindille à lunettes au milieu de ce monde de brutes, il fallait oser.La suite se recentre sur Tomoki et sa moto. Un passage amusant où le jeune homme apprend à tourner en traversant la chaussée. Il a pourtant son permis, l'examen japonais n'est-il que théorique ? On a là un florilège de tout ce qui a fait le charme des premiers chapitres : un humour bon esprit, simple et efficace.Enfin, on revient à une histoire un peu plus musclée et d'apparence plus classique dans le genre. Un jeune voyou cherche à défier le caïd le plus fort de son quartier. Rien de bien fameux si ce n'est qu'il semblerait qu'il soit manipulé par une fille. Tout comme le sera Hayato. Encore une fois l'auteur compte sur le genre féminin pour faire tourner son histoire, et ce coup-ci dans un tout autre rôle. Bonne pioche qui promet quelques surprises.

Le scénario de Clover se veut toujours un peu plus malin que la plupart des Furyo Manga. L'auteur tente d'éviter les bastons de rues pour privilégier l'humour et c'est un bon point. Le dessin n'est pas en reste, fin, précis et très lisible. On profite des « gueules » de chaque personnage, tous unique, et de leurs mimiques bien représentées et convaincantes.
Bref, un titre qui se bonifie avec le temps et une série qui se rapproche de plus en plus du niveau de la référence des Furyo Manga, Racailles Blues.

 

 

Embalming - Une autre histoire de Frankenstein Vol.2

Titre VO: エンバーミング

On avait été impressionné par le premier tome qui nous avait totalement séduit et qui nous avait rassuré sur la bonne forme de Watsuki, et on attendait ce second tome avec impatience. Force est de constater que malgré quelques bonnes idées, celui ci nous laisse quelque peu perplexe…
Les personnages charismatiques introduits dans le premier volume, ceux qui devaient normalement être les personnages principaux sont absents de ce tome (ou presque), ils laissent leur place à un nouveau couple qui, bien qu’étant intéressants, le sont moins malgré tout. C’est un parti pris étrange de la part de Watsuki, qui décide de laisser de coté les personnages qui nous avait été présentés et qu’on souhaitait revoir, au profit de nouveaux qui s’annoncent d’ors et déjà comme un second binôme de personnages principaux mais pas comme des seconds couteaux.
Cette histoire plus orienté action que précédemment est aussi l’occasion de présenter les capacités particulières que peuvent posséder les Frankensteins…et celle de notre nouvelle héroïne nous rappelle dans un premier temps le pouvoir élastique de Luffy dans One Piece…mais on est rassuré par la suite, son pouvoir est autre, pas de plagiat ! Ce nouveau couple est introduit différemment, c’est dans l’action qu’on apprend leurs motivations, via des flash-backs, et cela tout en introduisant des ennemis à venir pour la suite.

Au final, une fois la surprise passée, on appréhende ce choix comme une excellente idée qui donne plus d’ampleur au titre, on se retrouve déjà avec pas mal de personnages ayant tous des motivations différentes, on a déjà un nombre défini d’adversaires (recette classique du shonen), et l’histoire commençant à peine qu’on réalise que l’auteur s’est offert de très nombreuses pistes à explorer, traduisant une certaine ambition que l’on souhaite véritablement voir se réaliser ! Le trait de Watsuki ne faiblit pas, il est toujours aussi propre, toujours aussi reconnaissable et la mise en page est digne de l’excellent auteur de Kenshin !

On retrouve aussi un grand classique de l’auteur, à savoir les explications (et autocritiques) entre chaque chapitre. D’un coté on a droit à des approfondissement de l’univers avec des gros plan sur certains points de l’époque Victorienne (les pubs, la bourgeoisie…) ; et de l’autre un regard critique et modeste de l’auteur sur son propre travail ses ratés, ses réussites… enrichissants et passionnants.Le premier tome nous avait totalement emballé, le second suscite grandement notre curiosité et nous laisse empli d’espoir pour la suite ! Vite, à suivre !

 

 

Black lagoon - Kaze Manga Vol.4

Titre VO: ブラック・ラグーン

Retour aux sources pour Rock, qui revient au Japon ! Accompagné par Revy qui joue les gardes du corps, notre héros se retrouve à jouer l'interprète pour la redoutable Balalaïka lors de ses négociations avec un groupe de yakuzas. En profitera-t-il pour retrouver sa famille une dernière fois ?

Intitulée "Fujyama Gangsta Paradise", cette nouvelle aventure se révèle un peu moins mouvementée que les dernières élucubrations explosives de l'équipage du Black Lagoon. L'auteur ne semble pus avoir d'yeux que pour Revy et Rock, et il est toujours aussi intéressant de les voir se complémenter, et leurs caractères se rapprocher. Le temps est en effet plus à la réflexion qu'à l'action car la plupart des dialogues tournent autour des pourparlers entre Balalaïka et le clan Washimine, qui cherche à se libérer de la tutelle d'un autre groupe. Rei Hiroe nous fait alors plonger au cœur de ce monde mafieux, des rapports familiaux qui sont entretenus, mais également des combines et de l'adaptabilité pour survivre.
En parallèle, nous suivons l'histoire d'une jeune fille, Yukio, apparemment sans histoires, et de Ginji, un homme à l'allure imposante qui joue pour elle les gardes du corps. On se doute très vite du rôle-clé de la demoiselle. Les rencontres multiples entre les deux paires de protagonistes permettent de mettre en évidence le caractère de chacun. Si Ginji et Revy manifestent une animosité réciproque, ils sont rapidement atténués par l'esprit plus calme et pacifiste de Rock et Yukio. Mais on devine rapidement l'imminence d'un destin fatal pour certains d'entre eux..

Au lieu de jouer la carte des fusillades à tout rompre, Rei Hiroe prend cette fois le temps de délayer son histoire et de placer ses pions, mettant en scène un certain chassé-croisé entre tous ses personnages. Et l'effet est saisissant. S'il faut parfois rester attentif pour saisir tous les liens, les choses se mettent en place petit à petit, jusqu'à ce que la machine ne puisse plus faire retour arrière. Et c'est bien évidemment à ce moment là que le lecteur restera en suspens ! Une belle réussite, dont on attend avec impatience le dénouement.

 

 

Reborn Vol.20

Titre VO: 家庭教師ヒットマンREBORN!

Le double assaut est lancé ! D'un côté, Tsuna et sa troupe infiltrent la base Millefiore à la recherche de Shôichi tandis qu'une escouade de soldats ennemis envahi la base Vongola et est reçue par Hibari.

Suite à la tension qui montait crescendo dans le tome 19, voilà que tout explose dans ce volume bourré d'action ! Nous y suivons principalement le groupe de Tsuna et son ascension dans la base Millefiore qui regorge de nombreux adversaires. Si nous avons droit à deux combat de Tsuna, qui ont pour principal but de nous en mettre plein des yeux grâce à dessin somptueux d'Akira Amano, on retiendra d'avantage l'affrontement de Lal Mirch face à Ginger Bread, d'une intensité et d'une émotion marquante et apportant quelques esquisses de révélations sur les Arcobaleno, et surtout sur la relation unissant cette dernière à Colonnello. Amano avait ouvert beaucoup de voies scénaristes entre les mystères de certains évènements et certains personnages ou encore sur certaines relations, et il semble qu'elle commence à nous donner quelques réponses. Autant dire que cet arc du Futur, dans sa suite, sera sans doute truffé de rebondissements !

Si on devait citer un point négatif du volume, ça concernerait Hibari, mis de côté durant ce tome. Espérons que ce personnage charismatique, sans doute l'un des plus marquants de la série, ne soit pas relégué au second rang...
Le volume se conclut par la mise en scène de personnages se révélant comme les plus puissants soldats de la base Millefiore, et sur un affrontement inévitable contre Baishana... Avec beaucoup d'actions, des révélations et un dessin sublime, ce tome de Reborn! se révèle une fois de plus de qualité. On se demande encore pourquoi ce titre n'a pas autant de succès chez nous qu'un Bleach ou un D.Gray-Man...
 

Bleach Vol.36

Titre VO: ブリーチ

Alors que la fin du tome précédent nous faisait presque saliver (malgré la perte d’intérêt constante du titre), alors que l’on attendait de nombreux face à face dans une bataille rangée opposant de nombreux personnages, l’auteur nous prend totalement à contre pied en nous plongeant dans un flash-back pas du tout attendu ! 

On retourne donc 110 ans en arrière dans la Soul Society, on y retrouve de nombreux personnages connus mais avec une toute autre fonction…quelle surprise de retrouver tous les Vizards à des postes hauts placés, vice capitaines voir carrément capitaines de division. Le flash-back commence d’ailleurs avec la nomination de Uruhara au poste de capitaine…et peu à peu on comprend ce qui se passe, les évènements vieux d’un siècle étant directement liés à ce qu’il se passe en ce moment…les groupes se forment : les futurs Vizards sont rassemblés face aux traîtres qui se dévoilent, les personnages vivant normalement sur Terre avec une toute autre identité se rassemblent aussi de leur coté. 
Bien que dans ce tome on ne sache pas encore pourquoi ils sont devenus ce qu’on sait d’eux, on comprend désormais clairement les divisions qui ont été faites. Pour le coup, il faut tirer notre chapeau à Kubo qui dévoile les éléments peu à peu avec une narration claire et intelligente ; et chaque nouveau personnage apparaissant, que l’on replace dans le futur, fait son petit effet.  C’est terriblement bien trouvé, à tel point qu’on se demande si c’était prévu dés le départ par l’auteur tant il y a longtemps que les Vizards sont apparus sans être réellement exploités…si c’était réellement le cas, il s’agit là d’un coup de génie ! 

Et aussi paradoxale que cela puisse paraître, ce coup de génie a quelque chose de rageant ! Pourquoi l’auteur nous fait-il subir des passages aussi insipides depuis un moment alors qu’il possède clairement un talent de narrateur très fort. On savait qu’il était un dessinateur hors pair, que ses mises en pages étaient de très grande qualité…ce qui a toujours péché était la narration, il se contentait de nous mettre plein la vue avec des ficelles de shonen tellement énormes qu’elles en demeuraient efficaces. Mais avec ce tome l’auteur nous bluffe carrément et enfin de nombreuses choses commencent à prendre sens…pourquoi nous avoir fait attendre aussi longtemps ? C’est presque du gâchis ! Sans aucun doute le meilleur tome depuis bien longtemps dans cette série ! 

 

CLOTH ROAD Vol.1

Titre VO: クラスロオド

Le monde de Cloth Road est absurde : imaginez une planète où des ordinateurs ultra-sophistiqués et aussi fins que des fils de couture servent à fabriquer des vêtements. Vêtements portés par des mannequins qui sont en fait des lutteurs qui se rencontrent en duel sur... le podium. Le tout avec grâce et technique comme au patinage artistique.

C'est dans ce monde absurde que l'on retrouve Jennifer qui se lance dans une nouvelle vie sur la route de briques rouges. La référence au magicien d'Oz est assez évidente et Jennifer n'est pas sans rappeler la naïve Dorothy. Le ton est vite donné : l'univers (très steampunk) de ce manga frôle l'improbable tout comme l'a été en son temps le magicien d'Oz.
Jennifer va retrouver son frère Fergus, dont elle a été séparée à la naissance. Fergus est un designer, comprendre qu'il met au point des tenues de prêt-à-porter ou plutôt de prêt-à-combattre. Nos deux héros vont se lancer à la recherche de leurs véritables parents mais avant cela ce tome va jouer son rôle d'introduction.
Les auteurs mettent très vite en place leur histoire. Après de belles pages en couleur, on découvre un monde qui parodie les podiums des grands couturiers pour en faire des zones de combat. Les vêtements sont aussi des armes qui servent à mettre en avant autant leur créateur que le mannequin-lutteur. Les duels sont réussis, étonnants et rien n'est épargné aux combattants qui risquent leur vie pour la prime de victoire. On retrouve encore dans leur déroulement le parti-pris absurde du manga : si les mannequins risquent leur vie, appuyer simplement sur le bouton central du vêtement mettra fin au combat. Les personnages sont tout aussi étonnant que le sujet, évoluant entre l'absurde et le sérieux, charimatique autant qu'idiot. On reste assez perplexe devant ces passages qui font ressortir le côté ubuesque du postulat du scénario. Pourtant, on arrive à y croire. Il faut dire que Kurata ajoute à son histoire un fond très réaliste. On y parle de drogue et de prostitution (qui entache souvent le milieu de la mode) et la vie de nos héros n'est pas rose. Sans doute ce qui explique la place de ce titre dans la collection Shônen UP ! Fergus est un pessimiste convaincu qui trouve dans l'optimisme et la naïveté de sa sœur son parfait contraire.
Le dessin est aussi représentatif de l'originalité du titre. On aime ou on aime pas et personnellement je ne suis pas encore convaincu. Hésitant entre shôjo et shônen, parfois brouillon, ayant un dynamisme certain, le trait d'Okama arrive à transmettre aussi bien le côté éblouissant des tenues que le côté sombre de cet univers. Ici on joue sur les apparences, le flamboyant du mannequinat sert à mettre en lumière un monde plus triste.

Mais Cloth Road n'en reste pas moins un shônen à la base classique : un voyage initiatique où se mêlent rencontres incroyables et combats. Des combats pour l'instant trop limités dans l'espace et le temps avec ce principe du duel et du bouton central.
Un tel concept pourrait vite montrer des signes de faiblesses. Le risque de redondance est grand. Il faudra attendre encore un ou deux tomes pour voir si la tournure que prendra l'histoire s'avèrera à la hauteur des nos attentes.

 

Mirai Nikki - Le journal du futur Vol.6

Titre VO: 未来日記

On pensait voir le couple Yuno/Yukki se renforcer petit à petit... C'était sans compter sur la folie de Yuno, qui, pour prouver son amour à notre héros, ne trouve rien de mieux à faire que de le séquestrer. Pour délivrer son ami, Aru, accompagné de Hinata, Mao et Kôsaka, décide de mener l'enquête. Mais pendant que tout ce petit monde se retrouve face à Yuno, des nouveaux propriétaires de chronographe font leur apparition...

Vous pensiez avoir tout vu de la folie de Yuno ? Réjouissez-vous, car plus que jamais, la jeune fille se montre ici particulièrement atteinte, allant jusqu'à effacer de sa mémoire certains éléments gênant son mode de pensée, et tandis que l'on continue d'en apprendre un peu plus sur elle, notamment en ce qui concerne l'identité de deux des trois cadavres retrouvés chez elle... Quid du troisième ?

Toujours plus atteinte, toujours plus intéressante, Yuno, déjà l'un des moteurs du charme de la série depuis ses débuts, est ici plus que jamais l'élément central. On se régale d'un bout à l'autre face au comportement de la demoiselle, mais une petite déception se dresse malgré tout, en ce qui concerne sa relation avec Yukiteru: depuis le début, on a l'impression que cette relation fait du surplace, et cela se confirme ici: après le pas en avant du tome 5, nous avons droit ici à trois pas en arrière. Rien de bien gênant pour l'instant, car cela s'inscrit parfaitement dans la "logique" du manga et permet d'insister toujours plus sur l'instabilité de Yuno, mais cet aspect de l'oeuvre pourrait commencer à irriter par la suite.

Parallèlement à cela, ce volume voit apparaître de nouveaux propriétaires de chronographes... et pas qu'un seul ! Les propriétaires arrivent dans tous les sens, et une question se pose alors: est-il possible de rejoindre la partie en cours de route ? On a alors peur de voir le manga s'enfoncer dans une certaine facilité pour étirer le récit... et finalement, Esuno nous bluffe une nouvelle fois quand les explications arrivent à travers le pouvoir du chronographe de la numéro 8, l'une des nouvelles arrivantes. Et alors que le lecteur semble tout comprendre quant à l'apparition de ces nombreux nouveaux propriétaires, l'auteur nous propose un nouveau bouleversement inattendu quant à l'arrivée du propriétaire numéro 7, en le faisant arriver quand on s'y attend le moins, et en jouant habilement sur les révélations que l'on avait eu juste avant à travers le pouvoir du chronographe de la numéro 8.

Un peu moins percutant au niveau de l'action en elle-même, ce sixième tome continue de jouer sur l'instabilité de tous les éléments en place dans le manga, que ce soit au sujet de Yuno ou des différents rebondissements. Dès que le lecteur pense saisir définitivement un élément, pense pouvoir prendre quelque chose pour vrai et établi, Esuno en remet une couche et surprend. Au final, on se régale toujours autant par ce titre toujours porté par un coup de crayon tout aussi dérangé que l'intrigue et les personnages (le physique de la numéro 8...)

 

L'Ile Panorama

Titre VO: パノラマ島奇談

En France, nous connaissons déjà le controversé Suehiro Maruo pour des oeuvres à ne pas mettre entre toutes les mains, comme Yume no Q-saku ou la Jeune Fille aux Camélias. Cette fois-ci, c'est chez Casterman que nous retrouvons cet auteur atypique, avec une oeuvre lauréate du prestigieux prix Tezuka en 2009 qui adapte le livre éponyme du célèbre Ranpo Edogawa, l'un des pères du roman policier japonais.

Hirosuke Hitomi, écrivain raté, apprend la mort de Komoda, un ancien camarade devenu un riche homme d'affaires, et qui avait la particularité de lui ressembler comme deux gouttes d'eau. Face à cette nouvelle, il décide de faire revenir le défunt à la vie en usurpant son identité, et de laisser l'ancien Hirosuke pour mort, tout ceci dans le seul but d'accomplir son rêve: construire sur une petite île une sorte de paradis fantasque inspiré d'un conte d'Edgar Poe...

Pas de véritable prise de risque dans le fond en lui-même: Maruo semble reprendre de manière classique l'histoire inventée par Ranpo Edogawa. Le tout est narré de manière assez linéaire, en nous invitant à suivre le parcours de Hirosuke, de l'usurpation de l'identité de Komoda jusqu'à la découverte de l'île, que le lecteur découvre en même temps que la femme de Komoda, en passant par les étapes de construction (sur lesquelles le mangaka ne s'attarde pas) et d'autres difficultés, comme les soupçons de la femme de Komoda, qui ne reconnaît plus son mari depuis son étrange résurrection. Dans un premier temps, le ton est posé, se veut réaliste, et l'intrigue, couplée à un dessin détaillé, se fait facilement immersive, tout en instaurant petit à petit un climat à la fois fantastique et malsain dû au projet complètement fou et pourtant fascinant de Hirosuke. Par ailleurs, on appréciera le travail subtil, neutre et jamais insistant, porté à cet anti-héros dominé par un soupçon de folie, laissant de côté tout souci de réalité pour laisser libre cours à son imagination et à ses fantasmes.


Mais le tout éclate réellement à partir de la deuxième moitié de l'ouvrage, lorsque l'heure est venue pour le lecteur de découvrir l'île en même temps que la femme de Komoda. C'est à partir de cet instant que Maruo révèle véritablement l'étendue de son art en nous offrant sa propre vision du paradis créé par Hirosuke. Ainsi, chaque lieu visité par la femme de Komoda constitue une nouvelle découverte pour le lecteur. La richesse visuelle est impressionnante, chaque nouveau décor qui se dévoile sous nos yeux faisant preuve de beaucoup de diversité. Les nombreux secrets de ce paradis artificiel sont cohérents et sont parfaitement mis en valeur par le coup de crayon très fin et détaillé de l'auteur, qui montre ici toute l'étendue de ses influences, la plus marquante étant sans doute ici l'art et la civilisation romaines, que ce soit à travers les statues, les vêtements ou l'absence de tabous. Une absence de tabous qui, vers la fin du titre, donne lieu à quelques scènes de sexe explicites qui finissent de justifier la classification du mangaka dans le genre "eroguro", ce mouvement artistique combinant l'érotisme à des éléments grotesques, voire fantastiques et horrifiques, et qui fut notamment initié dans les années 1920 par Ranpo Edogawa lui-même.

L'ambiance de toute cette seconde moitié est une franche réussite, couplant sans forcer le fantastique et le poétique à une atmosphère plus macabre et malsaine. Pléthore de sensations contradictoires viennent ainsi titiller le lecteur avant que celui-ci ne referme l'ouvrage sur une conclusion un peu expéditive et libre d'interprétation, en ayant bel et bien le sentiment d'avoir lu un titre assez atypique. A travers cette ambiance particulière, on retrouve notamment ce qui fait la particularité des oeuvres de Poe, dont Ranpo Edogawa était lui même un grand amateur (si bien que son pseudonyme, Edogawa Ranpo, reprend le nom d'Edgar Allan Poe en l'adaptant à la prononciation japonaise).

Quelle que soit la manière dont on l'appréhende, on ne ressort pas indemne de la lecture de L'île Panorama. Voici une adaptation de grande qualité, servie dans une édition plaisante.

 

 

Gintama Vol.13

Titre VO: 銀魂

Notre trio à tout faire est squatté par la maman de Hachiro, qui n'hésite pas à s'occuper d'eux comme une véritable mère poule, en leur préparant le petit déjeuner et en les sermonnant... mais au fait, c'est qui, Hachiro ? C'est la question à laquelle Gintoki et ses acolytes vont devoir répondre. C'est par ce nouvel épisode, s'étendant sur trois chapitres, que démarrent les nouvelles aventures de Gintama, où les théories les plus farfelues et les plus improbables sont parfois les bonnes !

Pour le reste, la série continue de jouer dans le délire permanent, et s'autorise de belles irrévérences. Au bout de 13 tomes, l'auteur utilise même ses personnages à contre-emploi, avec par exemple Kagura qui reprend pour un temps le rôle de Gintoki, en imitant alors toutes ses manies, jusqu'à se mettre en mode sermon ! Hideaki Sorachi prouve ici tout son recul en parodiant allègrement ses propres ficelles scénaristiques. Quel génie !

Le reste de la critique de la société n'est pas en reste, avec un Katsura qui se fait suivre par une équipe de télévision qui le film sous couvert d'un anonymat qui ne tarde pas à tomber. On suivra également la lutte entre un petit marchand de friandises sucrées face à une grande succursale, se défiant dans un concours de nourriture... virant au grand n'importe quoi, sous l'impulsion de nos héros ! Au final, tout le monde devrait trouver son compte dans ces nouvelles facéties, et même (hélas !) les amateurs d'humour scatophile...

Cependant, la fin du volume augure d'un nouvel arc un peu plus long qu'à l'accoutumée : O-Tae y retrouve Kyubei Yagyu, un ami d'enfance à qui elle a promis le mariage, et qui doit s'y résigner... mais c'est sans compter sur la volonté de son frère, rapidement suivie par les autres, pour la sortir de là. Tout cela a de quoi mettre l'eau à la bouche pour la suite!

 

Pluto Vol.3

Titre VO: Pluto

Naoki Urasawa continue de présenter les vedettes de l'univers de Tezuka. Après Astro, voici Uran, sa petite soeur ! La fillette-robot se révèle tout aussi téméraire, en n'en faisant qu'à sa tête, et est doté d'un don particulier : celui de ressentir la peur des autres. Ceux qui connaissent l'histoire originale du robot le plus fort du monde seront ravis de voir que la fillette joue un rôle quasiment similaire dans cette version remise au gout du jour.

Alors que l'enquête autour du mystérieux Pluto semble piétiner, l'auteur nous prend à contrepied en nous emmenant dans une nouvelle histoire. Comme à son habitude, il faudra prendre le temps de comprendre qui sont ces nouveaux personnages et comment ils se rattachent à l'intrigue principale. On suit ici Adolf, un père de famille allemand qui enquête sur les circonstances de la mort de son frère. Ce personnage permet également d'introduire un nouveau groupe intervenant dans l'univers : une secte anti-robots, qui reprend beaucoup de traits de ressemblance avec le Ku-Klux-Klan. Urasawa nous décrit avec brio les travers et les craintes de l'Homme face à l'un de ses semblables, avec des notions de racismes qui apparaissent de manière très réalistes. Ainsi, il consolide son univers, délaissant quelque peu la trame principale. Ce passage peut sembler assez long, mais nul doute que les pièces du puzzle s'assembleront, d'une façon ou d'une autre !

L'histoire reprend tout de même, en ouvrant quelques pistes des plus intéressantes, avec l'apparition de l'énigmatique professeur Abullah, mais également d'Epsilon, dernier des six robots de destruction massive pas encore apparu. Avec son allure androgyne, ce dernier garde un caractère proche de celui du personnage de Tezuka, avec un comportement des plus pacifistes. Dès sa première apparition, on se doute de l'importance du personnage, au vu de son charisme certain, mais sa perfection (proche d'un Johann de Monster) pourra peut-être agacer. Enfin, l'œuvre dévoile peu à peu un de ses mystères principaux et des réponses plus qu'attendues... mais n'en disons pas plus !

Qu'il s'agisse de rendre son univers toujours plus crédible, ou de faire avancer son histoire, Urasawa continue de nous emporter dans ce troisième volume de Pluto, avec une intrigue toujours plus palpitante, et en nous laissant sur un cliffhanger des plus haletants. Il faudra néanmoins prendre son mal en patience pour attendre la suite des évènements !

 

 

Rainbow - Kaze Manga Vol.5

Titre VO: RAINBOW 二舎六房の七人

"Je suis heureux d'avoir tous pu vous rencontrer..."

Alors que Mario s'apprête à entamer un match de boxe après l'entrainement que lui a prodigué Anchan, une terrible nouvelle tombe : à son tour, Suppon s'est fait retrouver par la police ! Au même moment, Heitai est libéré de la maison de correction, pour rejoindre les forces armées japonaises, sous les encouragements de Baremoto, Kyabetsu et Joe... Tout semble s'accélérer pour nos héros, chacun allant affronter sa propre destinée... 
La symbolique des affrontements en parallèle est à son paroxysme, au moment ou Mario, sur le ring, espère rempoter la victoire pour Anchan, tandis que ce dernier se retrouve à nouveau face à Ishihara, qui a sombré dans la pire des démences. Les retournements de situations les plus imprévisibles se succèdent, jusqu'à une conclusion profondément inattendue et perturbante, et qui ne manquera pas de faire chavirer le lecteur... 

Il faudra alors un certain temps pour se remettre du choc, et c'est alors que l'auteur nous propose une ellipse temporelle, jusqu'au rendez-vous tant attendu sous l'arbre des promesses. Comme si, après cet instant tragique, le reste de la lutte n'avait plus aucune importance. Les héros semblent alors avoir profondément évolué, et pourtant, tout semble repartir comme à la première heure. Le repos des guerriers ne sera-t-il jamais de mise ?

Ce cinquième volume clot la première partie de la série dans une beauté tragique, particulièrement bouleversante dans son déroulement. L'auteur nous attrappe et nous emmène dans son histoire, et malgré une surechère de pathos, on doit bien admettre qu'on s'y enfonce volontiers ! Même si cet évènement, et ces conséquences, pouvaient permettre une conclusion de l'histoire, tout ne semble en fait que commencer... Sans doute un des meilleurs passages de la saga !
 

Les Gouttes de Dieu Vol.12

Titre VO: 神の雫

Qui est vraiment Isseï Tominé ? Ce pourrait être le titre de ce douzième tome des Gouttes de Dieu. Car il n'y a pas que la couverture qui met l'homme en avant. En effet, les deux tiers ce volume s'intéressent au personnage que l'on a vu se mettre en difficulté au cours du tome précédent. Ici, on verra le jeune homme réconcilier deux hommes d'affaires autour d'un verre de vin, à la manière de Shizuku. Mais surtout ce tome tente de définir les rôles de la jeune Loulan et de Maki Saionji vis à vis d'Isseï. Attiré par les talents gustatifs de Loulan, pourtant bien jeune, Tominé se montre grand prince quand Maki, jusque là sa maitresse, tente de la faire quitter le Japon. Tominé va loin pour la récupérer, jusqu'à frôler la mort. Le personnage n'en devient que plus attachant, moins stéréotypé qu'à son entrée dans la série, plus « humain ». Le si sûr de lui Tominé peut aussi se montrer sentimental. On pouvait se demander si Loulan n'était pas qu'un outil pour l'œnologue mais il semblerait que non. 

Pour autant, quelques pages plus loin, la confrontation entre Isseï Tominé et Maki, suite aux manigances de la dame, laisseront le lecteur sans voix. Lecteur qui verra Tominé plus complexe qu'il n'y paraît tout en se demandant « qui est vraiment Isseï Tominé ?». La narration s'avère excellente sur ce passage et l'effet de surprise final est efficace. Shizuku revient ensuite sur le devant de la scène en étant confronté cette fois à la cuisine coréenne et la difficulté de la marier avec le vin. Le voilà parti pour la Corée du Sud, en plein boom du vin (entretenu par le manga lui-même, parait-il). Une rencontre entre les deux génies des sens que sont Shizuku et Loulan va alors avoir lieu. Mais pour en connaître l'issue, il faudra patienter jusqu'au tome suivant.

Pour le reste du tome la recette est la même : de belles illustrations, des fiches pratique (qui cette fois se consacre à un vin en particulier). En s'intéressant à Tominé, les auteurs brisent le rythme du récit, étonnent tout en développant ce personnage intriguant. Alors qu'on se demande encore ce qu'est Loulan pour Tominé, sa rencontre avec Shizuku changera-t-elle la donne ?

 

 

Gantz Vol.26

Titre VO: Gantz

Comment réaliser une transition après une dernière mission aussi sanglante et déstabilisante ? Les joueurs se posent de nombreuses questions, mais celle qui reste sur toutes les lèvres concerne la fin du monde ! Tour à tour on voit les personnages dans leur quotidiens, mais comment vivre sa vie normalement quand on attend une guerre nucléaire avant la fin de la semaine ? Comment vit on quand on ne sait pas quand la boule noir va nous rappeler dans la chambre ? 

L’auteur choisit de s’attarder un peu plus sur Nishi, le collégien asociale…cela paraît normale étant donné qu’il est celui qui semble savoir le plus de choses sur Gantz, mais encore une fois on assiste à un massacre des plus sanglants. L’auteur semblant vraiment persuadé que les gens (les Japonais ?) n’éprouvent pas le moindre respect envers autrui, jusqu’à ce qu’une classe pousse un des leurs par la fenêtre sous les acclamations de la foule… Le massacre qui suivra est lui aussi choquant, mais outre le fait qu’on commence à s’y habituer dans cette série (rien que le fait de dire qu’on s’y habitue a quelque chose de grave), la façon dont cela se déroule rend les choses moins réalistes. Mais l’acte qui a précédé est vraiment dérangeant, car lui paraît tellement probable. 

Deux façons de voir les choses s’offrent à nous : soit on admet que l’auteur essaie de renchérir dans la violence et le malsain et nous propose une nouvelle fois une autre scène de massacre totalement gratuitement ; soit on le voit comme, et là aussi encore une fois, un regard acerbe porté sur sa société, envers laquelle il est à la fois sévère et sans espoir, qui fait peu de cas de la dignité humaine ! C’est difficile à dire, quoi qu’il en soit on trouve encore une scène choquante dans ce titre qui apporte de l’eau au moulin des détracteurs du manga. 

Pour en revenir plus simplement à ce qui se déroule dans le volume, l’auteur semble décider a enfin dévoiler les mystères de Gantz, par là même on devine la fin approcher. Et pour cela quoi de mieux qu’une ultime mission qui visiblement réunie les Gantzers du monde entier, face à des statues vivantes (et apparemment terriblement puissante).  Une nouvelle fois, que l’on aime ou pas, ce volume ne laisse pas indifférent et suscite grandement notre curiosité et notre envie de découvrir la suite. 

 

 

My First Love Vol.5

Titre VO: 僕の初恋をキミに捧ぐ

« Quoi qu'il arrive... Mayu serait finalement plus heureuse... en restant près de toi que de te savoir loin de son cœur... »

Ce cinquième volume ne manque pas d'actions! En effet, la situation entre Mayu et Takuma pourrait nous paraître ennuyeuse à la longue, le fait qu'ils ne vivent pas leur amour pleinement nous lassera peut-être par la suite, mais ce moment-là n'est pas à aujourd'hui. En effet, même si certains épisodes ici sont prévisibles, comme celui des retrouvailles sous le pont de leur enfance par exemple, ils n'en restent pas moins excitants. Pendant la lecture, l'auteure réussit à nous mettre dans une situation d'attente, on veut à tout prix continuer la lecture, pressé de lire les pages suivantes afin de savoir une bonne fois pour toute quel sera le dénouement du chapitre. L'obstination de Takuma nous rend mal à l'aise, surtout vis-à-vis de Teru. On s'imagine, ou alors on pense comprendre sa peine. De plus, Ritsu et Kô prennent de l'importance au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire. Ces deux personnages, aux caractères différents, ne nous laissent pas de marbre. Enfin, on remarquera qu'à la fin du tome, le saut dans le temps est superbement bien fait. Une impression d'époque terminée et révolue règne alors, pour faire place au renouveau. Un brin de mélancolie surgit alors, avec la conviction que plus rien ne sera jamais pareil, et surtout, que chacun a grandi et a pu tirer des enseignements des expériences vécues précédemment.
Le temps a passé, nous voilà au lycée, Mayu est en deuxième année, et les choses ont changé. Cette étape ne fait que renforcer notre envie d'en lire davantage!

 

My lovely Hockey Club Vol.2

Titre VO: 極楽 青春ホッケー部

Le club de hockey sur gazon va être dissout ?! C'est du moins ce qu'ont décidé les frères Ôta, les nouveaux président et vice-président du comité des élèves. La seule solution pour que le club subsiste: gagner un match de hockey dans moins d'une semaine. La partie semble loin d'être gagnée pour nos héros qui n'ont jamais pratiqué un seul vrai match, d'autant que Hana semble avoir attrapé le béguin pour le président du comité... Vraiment ?!

Egalement au programme de ce volume, un voyage pour affronter une équipe très pauvre, trop pauvre, et qui se finira par une cueillette de cerises de qualité supérieure, la tranformation temporaire du club de hockey sur gazon en club de judo, et un camp d'été à Okinawa qui partira rapidement en vrille.

Vous aurez ici, notamment, tout à loisir d'éclater de rire devant la passion toujours plus grande de Hana pour la nourriture et la sieste, l'incroyable manque de tact de Oda, ou encore sa peur panique des fantômes. L'idée de base d'Ai Morinaga ne change pas d'un poil: chaque tentative de faire un match de hokey sur gazon se solde par un échec, pour des raison toujours cocasses et/ou idiotes. La mangaka parvient pour le moment à merveille à renouveler les situations et à nous offrir de grands moments, entre répliques bien senties ou cruelles ne manquant pas de mordant, quelques situations loufoques, ou légèrement amorales (mais cet aspect est moins présent que dans ses autres manga), et personnages complètement idiots. Les fans de l'auteur ne seront pas ou peu dépaysés.

Le tout est toujours aussi parfaitement servi par une narration efficace, laissant paraître quelques excellents gags imprévisibles, et un coup de crayon expressif sachant offrir des mimiques drôles à souhait aux protagonistes.

Avec ce deuxième tome, My lovely hockey club confirme. Espérons que la suite sera tout aussi plaisante, ce qui devrait être le cas au vu de l'alléchante preview du volume 3 que nous propose Pika !

 

The Gentlemen's Alliance Cross Vol.5

Titre VO: 紳士同盟†

Le cinquième volume de the Gentlement Alliance Cross peut sans nul doute être considéré comme un tournant dans la série, au vu des révélations qu’il apporte à Hainé, un peu moins au lecteur. Tout commence par la vie quotidienne qui reprend pour notre héroïne destituée de son titre honorifique de platine de l’empereur. Le conseil des élèves se passe donc de ses services, avec beaucoup de peine puisque ses petites mains étaient bien utiles pour mettre de l’ordre dans toute la paperasse. De plus, Ushio est encore plus froide que d’ordinaire, et les autres membres aimeraient voir revenir leur amie. Il est aussi intéressant, au delà de l’histoire au sein de l’académie, de voir Hainé dans son environnement familial qu’elle juge trop protecteur et qu’elle comprend de travers, se sentant une fois de plus de trop. Bref, le rayonnant sourire de la jeune fille ne revient que rarement dans ces pages, du moins jusqu’à ce qu’elle récupère son titre de platine, et qu’elle se rapproche de Shizumasa au point de décrocher un rendez vous avec lui !

On sent que l’histoire avance, parfois malgré elle, et les différentes dimensions abordées ici sont assez plaisantes et changent de la simple focalisation sur l’amour entre Shizun et Hainé. Le sens de l’amitié et de la famille sont ici bien plus développés que dans les précédents volumes, et ce d’abord au profit de l’amour qui est un peu relégué en seconde place, ce qui ne l’empêche pas de revenir au galop par derrière. Ce volume ci gère agréablement ses personnages, en laissant tout le monde prendre part au problème d’une seule, développe avec sincérité la relation entre l’empereur et sa platine redevenue platine, et surtout annonce enfin le grand secret à Hainé. Ce retournement de situation, amené quand enfin il se passait quelque chose entre les deux jeunes gens, était fortement attendu. Plus qu’un désidérata : le prochain tome ! Une telle révélation ne laisse pas de marbre, et il nous tarde de voir ce qu’il adviendra dans les six prochains volumes. Enfin, le bonus est cette fois ci un peu plus long, et consacré à Kusame et Komaki. Ces quelques pages permettent d’officialiser leur relation, un peu trop facilement sans doute étant donné la facilité scénaristique qu’on sent à demi-mot. C’est juste histoire de se débarrasser des sentiments de Kusame pour sa sœur … 

 

 

Palais - Samji Vol.5

Titre VO: 궁

Alors que Shin est en Angleterre pour un voyage politique et qu’il a du laisser sa jeune épouse derrière lui suite à un caprice de la nouvelle reine, Chae-gyeong se retrouve bien loin de lui. Mais comme ils se sont quittés fâchés, Shin ne souhaite pas rentrer en contact avec elle ni lui donner de nouvelles. Mais serait-ce la seule raison ? On aperçoit ici quelque peu et trop fugacement les sentiments du prince, tandis que son épouse s’ennuie au palais, quand elle n’est pas martyrisée et écrasée sous la pression de la mère de Yul. S’ajoute à cela une certaine distance de ses camarades de classe ainsi qu’un report de la visite de sa famille, et Chae-gyeong ne manque pas de décompenser. Se laissant maigrir, la jeune fille n’a plus goût à rien et se contente de vivoter en ruminant des idées noires, surtout quand elle apprend qu’elle aurait du épouser Yul !

Le maître mot de ce tome est la manipulation. Par divers procédés plus ou moins louables, Shin se fait balancer de droite à gauche, par la presse ou un problème de drogue, afin de ternir son image aux yeux des citoyens et à ceux, par la même occasion, de Chae-gyeong. Si Shin n’est pas assez présent et que Yul a tendance à lasser avec ses émotions, l’héroïne du titre prend une dimension différente de d’habitude. Plus dure, on ressent l’importance de ses sentiments sans que cela prenne des airs de violons romantiques. Ses inquiétudes, son sentiment d’étouffer au palais, le manque de celui qu’elle aime … Tout cela l’amène à un point assez avancé d’isolement et de distance. L’humour est alors bien moins omniprésent, et subsiste essentiellement grâce à Gong et William. Le trio amoureux se forme de plus en plus clairement, et le retour de Shin aura certainement pour conséquence de jeter de l’huile sur le feu. Bref, une psychologie assez intéressante se met en place autour de Chae-gyeong et de sa faiblesse, à travers différents acteurs, que ce soit Hyo-lin, les dirigeantes du palais, Shin ou Yul. Ce tome est alors intéressant en lui-même, reste à savoir s’il saura s’inscrire en une suite convaincante.

 

+Anima Vol.4

Titre VO: +Anima

La route de nos quatre compagnons se poursuit, et ils arrivent dans une ville à la hiérarchie bien établie…
Sans atteindre ce qu’on pouvait espérer, c’est à dire une trame qui nous tiendrait en haleine, un but à nos personnages, une quête qui occuperait le récit sur plusieurs tomes, on trouve malgré tout dans ce tome une histoire d’un seul tenant qui a le mérite d’être plus consistante, plus développée et qui permet de s’attarder un peu sur les personnages et leurs liens. Sans être passionnante, cette histoire arrive à maintenir notre intérêt durant tout le tome, assez bien maîtrisé, on y trouve des éléments classiques d’une aventure tels que la séparation des personnages qui vont devoir se retrouver en vivant chacun des péripéties de leur coté, suffisamment de rebondissements et surprises pour susciter l’intérêt… Mieux encore, si les volumes précédents, faisaient ressembler la série à une lecture pour gamins de par son coté cucul, ici l’aventure se transforme en joli conte contenant une morale plutôt bien amené. Si le final reste très facile, naïf ou encore un peu gnangnan, le reste paraît plus sombre, pessimiste, jusqu’à un bel événement féerique qui fait oublier tout le reste. L’auteur en profitant même pour développer ou du moins un peu mieux expliquer le concept des +Anima…on se laisse séduire. Ajoutez à cela une nouvelle porte ouverte pour la suite et l’on finit par espérer de bien meilleurs choses pour la suite.

Au niveau es personnages, là aussi on se laisse séduire par le coté mignon et naïf de Nana, le coté râleur de Husky, on attend que Senri soit un peu plus développé mais son coté décalé est assez plaisant, par contre Cooro est tout simplement insupportable, sa stupidité n’ayant pas d’égale.

Un volume plaisant qui redore le blason de cette série et qui nous donne envie d’en savoir plus.


 

Beck Vol.33

Titre VO : ベック

L'enregistrement du disque est en cours... Nos 5 amis prennent goût à la perfection orchestrée par Scott... Et l'interprétation de Devil's way se fera quand ils le sentiront, question de feeling !
Place pour une fois à un volume mis en page de façon saccadée, permettant de voir tout ce petit monde dans les moments décisifs que le groupe a du surmonter : chaque acteur se voit ainsi mis en valeur.


Un retour sur scène est mis en place pour accompagner la sortie tant attendu du cd, et l'ambiance qui règne relève plus d'une communion sentimentale que de moments de délire collectif. Une joie toute particulière entoure Beck et la reconnaissance du monde musical est pour eux la meilleure des félicitations.
Le prochain et dernier volume va nous proposer un ultime moment d'anthologie pour tout musicien souhaitant percé.
Encore une fois un titre chargé d'émotions positives et d'acharnement.


L'auteur soigne son public en prenant le temps de terminer proprement le travail, ainsi tout le monde a droit à son petit flashback, rien qu'en cela, ce shonen fait la part belle à un grand nombre de titre de cette catégorie. Un dernier acte qui prépare le lecteur à un futur adieu...

 

 

 

Naruto Vol.46

Titre VO : ナルト

 

L'affrontement entre le village de Konoha et la brigade de Pain continue. Les changements de ton permanents permettent au lecteur de garder le cap dans un volume où les entrées en scène font bon nombre.


Kishimoto suit toujours son fil rouge, quoiqu'en oubliant quelque peu le tant recherché Sasuke et apporte son lot de désastres pour nos ninjas. Bref rien de bien innovant mais place ici aux affrontements entre les "méchants" aux techniques toujours inexpliquées et le nouvel ermite ! Il faut dire que les clichés commémoratifs prennent une grande part au sentiment qui se dégage de ce tome.


L'auteur nous emmène au coeur d'un complot politique dont le plan reprend celui de l'Akatsuki. Evidemment Naruto fait enfin son retour et évidemment nous n'attendions que cela !
Toujours aussi prévisible, mais diablement efficace !

 

One piece Vol.52

Titre VO : One piece

Le One Piece nouveau est arrivé, et chaque nouveau tome de cette série c’est un peu un petit événement en soi ! Et autant dire qu’après le tome gigantesque qui a précédé, et avec le final sur lequel on était resté on attendait ce tome avec une impatience énorme !
Et bien c’est sans surprise que ce nouvel opus reste dans la continuité d’excellence des précédents !

C’est l’anarchie sur l’archipel des îles Sabaody, transformé en véritable champ de bataille, après que Luffy ait frappé un noble, le chaos s’installe, tous les pirates se doivent de réagir d’une manière ou d’une autre avant que la marine n’envoie un Amiral…ce qui ne manque pas d’arriver !
On se retrouve donc avec la « Supernova Eleven », un amiral de la Marine surpuissant et un Capitaine Corsaire…autant dire que les flammes du brasier ne sont pas prêtes de s’éteindre.

Tout va à cent à l’heure dans ce tome, c’est souvent le cas dans One Piece, mais là, il règne une certaine confusion, mais qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit d’une confusion voulue par l’auteur, il met remarquablement en scène la panique qui précède la venue d’un être que même des pirates surpuissants redoutent. On assiste à une union de fortune des plus spectaculaires : Luffy va se battre aux cotés des deux pirates les plus recherchés du Supernova Eleven après lui…deux pirates que l’on reverra à n’en pas douter…mais maintenant on commence à connaître l’auteur, on ne voit les résultats des graines qu’il sème que bien des volumes plus tard, il ne faudra sans doute pas espérer les revoir avant un certain temps une fois cette confusion passée.
Après une accalmie bienvenue pour les compagnons de Luffy et pour les lecteurs qui peuvent enfin souffler, car on lit cette entrée en matière en apnée, où des éléments nous sont révélés, la confusion règne à nouveau avec l’intervention de personnages surpuissants qui mettent à mal nos héros…on les a rarement vu dans une situations aussi désespérée. Hop…on repasse en apnée jusqu’à la fin…D’autant plus que des évènements d’importance se jouent sur toute l’île, ce qui permet à l’auteur de dévoiler (en partie) les pouvoirs des pirates introduits dans le tome précédent.

Mais tout n’est pas qu’action dans ce tome, on apprend bien des choses d’une grande importance : la vérité est faite sur l’exécution de Gold Roger, une grande guerre va éclater opposant Barbe Blanche aux sept Capitaines Corsaires… Et un nouveau personnage fait son apparition, et pas n’importe lequel : une légende du passé refait surface pour aider la nouvelle génération à aller de l’avant.

On ferme ce tome estomaqué, Luffy et ses compagnons doivent faire face à un homme maîtrisant la lumière (rien que ça) capable de terrasser quatre pirates valant plus de 100 millions en quelques secondes et un autre qui les fait littéralement disparaître.

Un volume grandiose où le ton est maintenu sur toute la longueur, à tel point qu’il en est presque éprouvant…on sort de la lecture de ce tome comme après un marathon : épuisé mais ravi ; la seule différence étant qu’on est prêt à repartir de suite (on le souhaiterait en fait).

 

Yakitate Ja-pan!! Un pain c'est tout Vol.26

Titre VO: 焼きたて !!ジャぱん

Enfin, le voilà. Après plus de quatre ans de publication, les aventures d’Azuma se terminent dans ce vingt-sixième et dernier tome. S’il est des séries dont l’on redoute la fin, tant l’attachement des personnages est grand, et où l’on tremble à la lecture de la dernière page, ici, cette conclusion se présente comme une véritable libération. La fin d’un calvaire, d’un chemin de croix, pour une série si exceptionnelle à ses débuts et qui s’est mis à se nécroser lentement, mais surement, à partir de sa seconde moitié. Ainsi, les derniers tomes étaient d’une médiocrité innommable et il était temps que l’hémorragie s’arrête.

Ainsi, nous retrouvons Azuma et ses amis dans ce combat ultime face à Kirisaki dominé par le Satan, un pain démoniaque qui l’a transformé en créature mi-homme mi-pain. Afin de sauver l’humanité, notre héros doit créer son Ja-Pan ultime, celui dont il est question depuis le tout début, pour boucler la boucle. La grandiloquence est donc de mise, et la légèreté de la série a totalement disparu. Les personnages se prennent vraiment au sérieux, tremblent à chaque instant, devant la monstruosité qui s’oppose à eux. Une surenchère qui aurait pu être légitime et excusable pour une conclusion… si seulement tout n’était pas aussi grotesque, indigeste, et surjoué. La série hésite, titube, ne sait plus vers quelle direction aller, jusqu’à en devenir ridicule, comme le personnage de Kawachi. Ce dernier reprend des couleurs dans ce dernier tome, avec des réactions qui sont moins dégradantes qu’à l’accoutumée. Néanmoins, lorsque l’absurdité des transformations rejoint la médiocrité de jeux de mots (Ja-Pan Toast/Chopin Hoast), c’est surtout la consternation qui s’empare du lecteur.

Alors qu’on pensait que cet ultime supplice servirait de libération finale, voici que l’auteur pêche par excès de gourmandise une dernière fois. Jouant la garde du message humaniste et écologiste, il ressort le personnage de Pierrot Bolneze dans un épisode final centré sur le réchauffement climatique, qui serait accéléré par le dégagement de gaz carbonique lors de la levée. Un chapitre certes un peu plus léger, mais matinée de réactions toujours aussi moyennes, sans compter le malaise imposé par ce message que l’auteur veut nous inculquer de force. A croire que Takashi Hashiguchi a fini par prendre aussi son manga trop au sérieux, victime sans doute d’un dédoublement de personnalité.

Bref, que dire pour conclure ? Qu’il n’y a malheureusement pas grand-chose à sauver dans ce dernier tome, qui ne peut combler le néant des précédents, et qui ne se force pas tellement pour le faire. Même si le dernier épisode permet un décalage avec les dernières situations pesantes, il ne fallait pas non plus espérer retrouver la fraicheur des débuts. Au final, ce tome n’a qu’une seule qualité : c’est que c’est le dernier !

 

 

 

Cross game Vol.14

Titre VO : クロスゲーム


Après le tome « relationnel » précédent, Adachi nous propose cette fois un quatorzième volume tourné vers le baseball. C'est le début des éliminatoires de Tokyo qui décideront de quelles équipes participeront au Kôshien pour cette préfecture. Mais c'est aussi la dernière année de lycée pour Kou et son équipe. Un obstacle des plus classiques parmi les ficelles du genre, souvent employé par l'auteur dans ses séries sur le baseball.

Deux match dans ce tome. L'équipe de Seishu craint dans un premier temps d'affronter l'équipe entrainée par leur ancien coach tyrannique. Mais après un premier tour sans problème, les surprises sont au rendez-vous. Fidèle à lui-même, l'auteur se concentre sur les phases de jeu réellement importante et ne fait pas durer ses matches trop longtemps. Il distille avec brio son humour potache (quelque-soit le moment) et ses sous-entendus amoureux (en particulier entre Kou et Aoba) avec son optimisme habituel. Ce qui annule bien souvent la tension lors des rencontres sportives et c'est bien dommage. Mais Adachi retrouve depuis quelques tomes un bon équilibre entre sport, humour et romance, ce qui lui a manqué parfois.

Un bon tome dont la qualité est toujours amoindrie par l'adaptation incomplète de l'éditeur.

 

100% Doubt !! Vol.1

Titre VO : ダウト!!

En regardant la couverture et le synopsis de 100% Doubt, le nouveau shôjo des éditions Asuka, il faut bien avouer qu'on ne s'attend pas à grand chose... à tort !

Au collège, Ai Maekawa était ce que l'on appelle une "Jimmy", une jeune fille prenant peu soin d'elle, moche et ringarde. Ayant peur de rester vierge jusqu'à ses trente ans (?!), elle décide, lors de son entrée au lycée, de se métamorphoser en une jeune fille magnifique, tout en s'assurant d'aller dans un établissement loin de ses anciens camarades du collège. Après bien des efforts, voici la jeune fille changée, devenant la coqueluche des garçons du lycée et bien décidée à conquérir Sô Ichinose, l'un des garçons les plus populaires du lycée.

Voilà qui résume, en gros, le tout début de ce premier volume. Toujours rien de très attirant là-dedans, et pourtant, lors de la lecture, 100% Doubt révèle tout son potentiel. Car si la mangaka Izumi Kaneyoshi reprend quelques thèmes bateaux des shôjo romantiques, c'est pour bien vite les détourner pour nous offrir d'énormes crises de rire. Comment s'y prend-elle ? Tout simplement en nous offrant des personnages complètement barrés et idiots.
Cela commence avec l'héroïne Maekawa. Bien qu'elle soit passée du statut de "jimmy" à celui de vedette du lycée, la jeune fille a encore bien du mal à perdre ses mauvaises habitudes, et de ce fait, son langage est régulièrement vulgaire et elle pète parfois des câbles sur ses camarades de classe. L'élu de son coeur et beau gosse du lycée, Sô Ichinose, n'est pas beaucoup mieux dans le genre: sautant sur tout ce qui bouge tant qu'"il y a un trou" (citation tirée du manga !), il est toujours de bonne humeur si bien qu'il paraît presque niais par instants, et enchaîne les répliques lourdingues et actions complètement idiotes. Ajoutons à ces deux-là Yuichiro, le meilleur ami de Sô qui sert surtout de faire valoir à ce dernier, Mina, une kogaru follement amoureuse de Yuichiro et tentant sans cesse de le séduire de manière plutôt directe, une camarade de collège insupportable, une prof remplaçante ô combien sournoise... et on obtient un cocktail explosif, propice à toutes sortes d'idioties.

A travers tout ceci, c'est une véritable parodie de shôjo romantique que l'auteur nous offre. Ai est le stéréotype de la jeune fille privilégiant avant tout la beauté physique, Sô est le parfait cliché du beau gosse insouciant, Mina celui de la kogaru vulgaire, Yuichiro celui du faire-valoir... Le rythme est soutenu, les rebondissements nombreux, et on n'a donc pas le temps de s'ennuyer en lisant ce volume qui rappelle vaguement, par instants, des séries comme Koko Debut ou Switch Girl.

Les dessins de Kaneyoshi, dont c'est ici la première oeuvre paraissant en France, ne sont pas spécialement originaux mais évitent de tomber dans les clichés du shôjo. L'ensemble est expressif et sert bien l'histoire. Certaines mimiques sont hilarantes, et la mise en scène rend certains passages savoureux.

100% Doubt est ce que l'on peut appeler l'une des très bonnes surprises shôjo de cette fin d'année. On n'en attendait rien, et on tombe finalement sur quelque chose de vraiment sympathique, une sorte de mélange de comédie idiote et déjantée et de parodie de shôjo, avec une petite pointe de vulgarité (dans le bon sens du terme). La série ne faisant que 6 volumes, elle ne devrait pas avoir le temps de s'essouffler malgré le rythme déjà soutenu de ce premier volume.

L'édition d'Asuka est dans l'ensemble correcte, mais on lui reprochera quelques erreurs d'orthographe ou des fautes de frappe, ainsi qu'une traduction pas toujours convaincante, avec quelques tournures de phrase étranges et des répliques dont l'humour n'est pas forcément bien mis en valeur. Dommage, mais pas excessivement gênant pour apprécier la lecture.

 

 

 

Gintama Vol.8

Titre VO : 銀魂

En décidant de repartir avec son père, Kagura a pris une décision lourde de sens. Si Gin semble avoir accepté cette décision, ce n’est pas le cas de Shinpaïchi qui est bien décidé à empêcher le départ de son amie. L’équipe de choc serait-elle en train de voler en éclat ? A cette intrigue relationnelle s’ajoute également un combat des plus intenses, car voilà qu’un alien monstrueux vient semer la pagaille, en absorbant tout ce qui l’entoure !

La première partie de ce tome offre ainsi une action assez mouvementée qui permet de relever l’intrigue autour du retour de Kagura. L’affrontement contre ce monstre permet de voir en action les principaux personnages de la saga. Malheureusement, la confusion est souvent de mise et on ne comprend plus vraiment ce qui s’y passe. De plus, ce combat, qui surgit de nulle part, laisse surtout une impression de prétexte pour renforcer les liens de l’amitié entre le trio infernal.

Le retour de la demoiselle est déjà plus intéressant, avec un chapitre qui parodie allègrement le genre : pour remplacer la jeune fille, un casting improvisé s’organise entre les personnages féminins restants, sous l’œil de Kagura qui fulmine dans l’ombre de ne pas être suffisamment regrettée… Par la suite, nous retrouvons le rythme habituel une histoire/un épisode. De nouveaux personnages toujours plus exubérants sont présentés, comme Hedoro le monstrueux jardinier ou Ayame Sarutobi, kunoichi binoclarde qui colle de près notre héros. La fin du tome s’oriente d’ailleurs sur une nouvelle histoire longue, parodiant allègrement le thème des ninjas, promettant toujours plus d’action et d’humour dans le tome à venir !

Après 8 tomes, Gintama est toujours un titre qui ne sait pas sur quel pied danser, alternant des histoires plus construits et épisodes indépendants. Si le début du tome se prend un peu plus au sérieux que d’habitude (mais pas trop), la série excelle surtout dans les passages détachés et parodiques. Dommage que la traduction ne puisse nous faire apprécier cet humour à sa juste valeur !


Tianjun

 

 

Satori Vol.1


Avec Satori, les Humanoïdes Associés nous proposent un récit prenant qui nous plonge dans l'univers des arts martiaux. Nous n'avons pas droit à un classique manga de baston, mais bel et bien à un ouvrage qui nous fait découvrir la vie d'un pratiquant acharné.
Après quelques pages introductives qui nous font découvrir le talent puis la mort de celui qui est considéré comme le père de l'Aïkido moderne, Morihei Ueshiba, l'histoire fait un bond en arrière pour nous présenter le quotidien de Saito, celui qui fût son élève le plus doué. On y découvre donc la difficile existence d'un homme partagé entre son travail et sa pratique des arts martiaux, dans un Japon à peine remis de la seconde guerre mondiale, comme en atteste la présence de soldats américains. Pour l'instant, notre héros ne semble pas avoir trouvé sa voie martiale: il faisait jusqu'alors partie d'un dojo de karaté, mais finit par le quitter. On note néanmoins chez lui une prédisposition certaine au combat. Lorsqu'il est acculé, il semble entrer dans une sorte de "transe" qui lui permet de faire face aux adversaires les plus coriaces.

Le récit va être caractérisé par la succession de différentes séquences: entraînement - dôjo - bagarre, le tout suivant un schéma narratif bien huilé qui se lit avec plaisir. J'ai trouvé la séquence d'entraînement particulièrement bien réalisée: on s'immerge à 100% dans la dureté des exercices grâce au talent indéniable de Klem, le dessinateur de Satori. Le talent de ce dernier s'exprime également dans les scènes de bagarre, particulièrement bien rythmées et dynamiques. Bref, lire Satori est un véritable plaisir pour les yeux. Enfin, il faut noter la présence d'un grand nombre de bonus à la fin de l'ouvrage: les principaux acteurs de l'aïkido moderne sont ainsi présentés. Lorsqu'on lit ces bonus, la lecture de ce premier opus prend une autre dimension, étant donné que nous pouvons mettre un visage réel sur les personnages croqués par Klem.
En définitive, Satori est une excellente surprise qui se place d'emblée dans la catégorie des meilleurs mangas d'arts martiaux. La faute au style graphique léché de Klem et au scénario maîtrisé de Niko. Vivement la suite !


shinob

 

Tezuka - Histoires pour tous Vol.4

Titre VO : Tezuka Osamu the best

Ce quatrième tome n’a pas d’orientation précise mais il est dominé par deux histoires. Muse et don, qui illustre la couverture est une ébauche d’une série encore inédite de Tezuka: flying ben. Un chien se distingue par sa vivacité et son intelligence au combat. Il va être amené à affronter en Egypte une redoutable panthère nommée Muse. Comme à son habitude, Tezuka prête des caractéristiques et des motivations humaines à ses animaux pour mieux fabuler sur nos propres défauts.
La troisième histoire est une adaptation futuriste d’une célèbre pièce Nô, Adachi-ga-hara. La pièce est une parabole sur le jeunisme et l’influence de l’image à travers l’histoire d’une succube cannibale dévorant les voyageurs de passage. Tezuka s’en tire honorablement bien que l’aspect futuriste amoindrisse le propos. Le thème de la pièce Nô a aussi été employé plus subtilement par Stan Sakai dans sa toute première histoire d’Usagi yojimbo.
L’histoire restante voit une paire d’humains forcés de collaborer avec des extraterrestres à l’aspect étrange pour survivre dans un désert. Chaque alien se sacrifiant généreusement à son tour pour le bien du groupe. Pas inintéressant mais un brin prévisible et régulièrement ressassé par Tezuka à travers d’autre récits plus longs ou mieux préparés.
L’ensemble des histoires date du début des années 70 et assure donc un très bon niveau graphique à la fois clair et caricatural dans les morphologies animales.
Ce n’est pas le meilleur tome de la série mais cela reste une lecture de bonne qualité et un apport non négligeable dans la masse des travaux que Tezuka nous a légués.


néun11septembre

 

Bus for Spring Vol.3

Titre VO: 春行きバス

“Motomiya... s'il savait que je parle de lui... comment réagirait-il?”

On pourra facilement dire “de mieux en mieux!”. Maki Usami sait nous divertir, avec très peu d'outil. A aucun moment on ne s'ennuie, et c'est sans mal qu'on dévore toutes les pages de ce troisième tome.

En effet, dès le premier abord, le volume donne déjà envie, grâce à sa couverture très mignonne. Les petites histoires ici sont touchantes, voire marrantes à certains moments. On passe d'une ambiance comique à des pensées à l'eau de rose, sans réelle rupture. Les personnages sont bien différents les uns des autres, chacun ayant sa propre personnalité. En ce sens, l'auteur fait du bon travail, car à aucun moment le lecteur n'a l'impression de retrouver une once d'un autre personnage, rencontré dans une histoire précédente. De plus, malgré le fait que les histoires sont très courtes, elles ne restent pas moins inachevées: le début de chaque chapitre nous annonce une nouvelle aventure, qui s'achève quelques pages plus loin, sans pour autant laisser le lecteur sur sa fin. Au contraire, l'auteure termine soigneusement ses histoires, et c'est alors sans soucis qu'on se plait à passer aux suivantes. On remarque, encore plus que dans le tome précédent, que le bus n'est plus du tout au centre des histoires, il ne devient qu'un accessoire lointain, et ça n'est pas toujours grâce à lui que les amoureux se rencontrent. Néanmoins, le plaisir est toujours là!

lovehina

 

Drôle de Père (un) Vol.2

Titre VO: うさぎドロップ

Alors en quête d’indices quant à l’identité de la mère de Rin, Daikichi va faire une découverte insolite dans la maison de son grand-père : un modem ! Il apprendra alors bientôt qu’une femme de ménage nommée Masako rendait visite au vieil homme… Pendant ce temps, on continue de suivre l’évolution de Rin, qui s’épanouit de plus en plus, et souhaite grandir au plus vite : il faut dire que l’entrée à l’école primaire est une étape importante dans la vie des enfants !

En vérité, le manga pourrait très bien se passer de cette intrigue supplémentaire de la recherche de la génitrice. Sur ce sujet, la narration de l’auteur est même plutôt maladroite, en proposant des rebondissements grossiers, comme le site internet tenu par le grand-père qui ramène au carnet de santé de la jeune fille. Pourtant, cette recherche est nécessaire pour Daikichi, pour qu’il sache s’il peut rendre Rin à sa mère, ou en devenir son véritable père adoptif, ce qu’il semble souhaiter. C’est ainsi qu’en fin de tome, nous rencontrerons Masako, mais le caractère de cette trentenaire un peu perdue ne convainc pas pleinement. Il faut dire que le dialogue est plein de maladresses, volontaires cette fois-ci, tant les deux interlocuteurs semblent chercher leurs mots. Au final, les intentions de la jeune femme restent très ambigües, même s’il ne fait aucun doute que nous devrions la retrouver par la suite.

La mangaka excelle en revanche dans les passages plus communs. C’est l’heure de la rentrée pour Rin et Daikichi se rend compte subitement des dépenses que cela va générer : cartable, bureau, fournitures scolaires… Il est vraiment très plaisant de voir ce père maladroit se débattre ainsi, bien qu’il puisse compter sur le soutien de quelques mamans, très charmantes au demeurant… Mais pour l’heure, le récit n’est pas tourné vers la romance, et si quelque chose doit se passer, cela se fera naturellement. On se concentre surtout sur l’évolution des rapports entre père et fille. Daikichi s’attache de plus en plus à Rin et apprécie de la voir s’ouvrir au monde, mais d’un autre côté, la petite fille grandit et commence à devenir un peu distante pour affirmer son autonomie. Le jeu des rapports humains est toujours décrit avec autant de subtilité, et sans en faire des tonnes ni apporter des retournements de situations ubuesques, on ressort véritablement ému à la fin de ce tome.

Ainsi, si l’une des questions les plus importantes est dévoilée ici, elle parait presque dérisoire en comparaison avec l’attachement que le lecteur peut porter à ce couple inattendu. L’édition offerte par Akata, toujours aussi impeccable ne fait que sublimer d’avantage l’excellence de cette œuvre, qui devrait figurer dans toute bonne bibliothèque, et pas simplement de mangas !


Tianjun

 

Le jour du loup

Titre VO: オオカミが出てきた日


Alors qu'il séjourne dans un quartier résidentiel à proximité d'un bois en compagnie de sa future épouse Natsuko, de sa future belle-soeur Kanoko et de la servante des deux demoiselles, Taihei ne se doute pas encore de la folle journée qu'il est sur le point de vivre. Alors qu'un soir, Kanoko est victime d'une étrange maladie héréditaire lui faisant pousser des poils sur tout le corps et lui offrant un caractère plus sauvage qu'à l'accoutumée, c'est peu après au tour de Natsuko de se transformer en femme-loup en pleine nuit et de disparaître dans la nature. Partis à sa recherche, Taihei et Kanoko ne tardent pas à tomber sur le corps sans vie d'un inconnu. Et quand la police et un mystérieux duo d'assassins s'en mêlent, c'est une véritable course-poursuite pour retrouver Natsuko qui s'engage entre les différents camps.

A première vue, on pourrait s'attendre à trouver dans le Jour du loup un manga à tendance fantastico-horrifique. Or, ce n'est pas le cas, car ici, la maladie dont sont atteintes Natsuko et Kanoko, qui constitue l'évènement fantastique du récit, n'est que le point de départ d'une course-poursuite insolite et effrénée, au sein de laquelle l'expression "effet boule de neige" prend tout son sens: nous avons ici un titre qui commence doucement, puis qui, à partir de la disparition de Natsuko, enchaîne des évènements insolites et des retournements de situation délirants qui en entraînent irrémédiablement d'autres, constituant ainsi un diabolique engrenage dont Taihei perd peu à peu la maîtrise, et accélérant petit à petit le rythme du récit jusqu'à l'atteinte d'un climax final tout à fait improbable.
Tandis que le rythme s'accélère peu à peu, l'absurdité du récit, présente dès le début avec cette curieuse maladie du "chien", ne cesse de croître, pour le plus grand plaisir du lecteur qui se régale devant cette course-poursuite délirante et quasiment jubilatoire tant elle est bien menée.

Si le Jour du loup est si bon, cela est dû en grande partie à la grande maîtrise narrative de Yôji Fukuyama, qui offre un dynamisme exemplaire à son oeuvre en se basant sur des angles de vue originaux, des effets de plongée et de contre-plongée incessants et un coup de crayon finalement assez simple mais terriblement expressif, faisant fort bien ressortir les différentes émotions des personnages tout en leur insufflant un petit je ne sais quoi de folie.

Avec le Jour du loup, Fukuyama nous offre un divertissement très rythmé, bourré d'inventivité, et dont il se dégage un humour particulier et une folie douce absolument délicieuses.

 

Reiko the zombie shop Vol.6

Titre VO: ゾンビ屋れい子

La couverture, aguichante et alléchante de ce volume donne le ton…des gros seins et le diable ! Encore un tome qui va nous en mettre plein la vue !
Entre la redoutable Lirka plus motivée que jamais à se venger, son bras droit qui la trahit sans vergogne, le fourbe Star Collector qui a volé son zombie à Reiko et maintenant une troupe de militaire menée par une femme totalement folle mais surentraînée, ce ne sont pas les ennemis potentiels qui manquent à Reiko et à ses compagnons !
Mais l’auteur une nouvelle fois va sans cesse brouiller les pistes pour nous bluffer, on va de surprises en surprises, tout le long du tome, et on aime ça. Rien que le terme « compagnons » a un sens particulier dans cette série, qui, si par moment, le rassemblement de personnages autour de Reiko, pourrait donner un aspect assez shonen, leur espérance de vie reste bien relative, alors certes ils se battent du coté de Reiko…mais pour combien de temps ? Il est indéniable que cela rajoute beaucoup d’intérêt à cette série, ou contrairement à la plupart on sait que malgré tout le résultat de chaque affrontement est joué…c’est loin d’être le cas ici ; à part Reiko elle même (et encore), personne n’est assuré de survivre au volume !

Un volume absolument passionnant donc, où il se passe de très nombreuses choses, et qui finit en huit clos dans un lycée de nuit…course poursuite et je de cache-cache dans les salles du lycée, sang et tripes à volonté, suspens et que de surprises…bref largement de quoi nous tenir en haleine tout le long…et cerise sur le gâteau cela finit sur un cliffhanger inattendu, et on en redemande encore et encore !

 

Blessures nocturnes Vol.4

Titre VO: 夜回り先生

Comme les volumes précédents, ce quatrième tome est doté d'une couverture dominée par le noir, ce qui en dit déjà long sur le contenu du titre... Et pourtant, pour une fois, toutes les histoires de ce tome ont une conclusion globalement optimiste. Pour le reste, c'est du pareil au même, et c'est toujours aussi poignant: dans chacune des quatre nouvelles histoires qui nous y sont proposées, le "guetteur" Mizutani vient à nouveau en aide à des jeunes marginalisés ou en détresse, qu'il s'agisse d'un de ses élèves ou d'inconnus croisés au détour de l'une de ses tournées nocturnes.

Dans la première histoire, il est question d'une élève d'une grande pauvreté, obligée de voler le porte-monnaie de l'une de ses camarades de classe pour pouvoir subvenir aux besoins de sa mère hospitalisée. Prise en flagrant délit par un autre élève, elle sera couverte par Mizutani, qui a compris qu'elle n'a pas commis cet acte sans raison, et ce malgré la désapprobation et l'étonnement de ses collègues. La confiance sans faille du "guetteur" pour son élève sera récompensée de la plus belle des manières deux ans plus tard.
La deuxième histoire voit Mizutani venir en aide à un jeune garçon rencontré dans la nuit, sur le point de se suicider, après avoir fugué pour échapper à une mère qu'il a déçu à cause de ses notes insuffisantes pour entrer à la prestigieuse université Tôdai, et qui ne semble pas très inquiète de la fugue de son fils...
Dans la troisième histoire, Mizutani s'oppose à ses collègues dans le but d'accepter dans l'enceinte de l'établissement un élève réputé comme étant "à problèmes". Ne pouvant pas s'occuper lui-même de lui, notre héros voit son nouveau protégé atterrir dans la classe d'un professeur qui le prend très rapidement en grippe...
Enfin, la dernière histoire se centre sur l'aide qu'apporte le "guetteur" par téléphone à une jeune fille qui manque de confiance en elle et a du mal à s'ouvrir sur le monde extérieur.

En accordant la plus grande confiance à ceux qu'il appelle tendrement ses "enfants" et en ayant véritablement la volonté de leur offrir un avenir heureux, et ce quel que soit leur passé, "le guetteur" nous offre une nouvelle fois des leçons de vie bourrées d'une humanité exemplaire, leçons qui se poursuivent une nouvelle fois dans les essais séparant chaque chapitre, tout aussi poignants et vrais. Le personnage est étonnant et exemplaire dans les décisions à contre-courant qu'il prend par moments, et l'on appréciera également beaucoup que ce volume insiste un peu plus sur la vision que Mizutani donne de lui à ses collègues. Collègues dont il arrive également, parfois, à changer la mentalité.

Toujours aussi magnifique car vrai, Blessures Nocturnes est le genre de titre que l'on aimerait voir dans toute mangathèque. Assurément l'un des manga les plus humains qu'il nous ait été donné de lire en France, si ce n'est le plus humain.

 


 

 
 
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